CHAPITRE II
les vôtres aussi, mes enfants ! Engage-toi, prince, à ne les jamais abandonner volontairement, à faire toujours pour elles dans ta bienveillance ce que tu jugeras utile. » Il le jura, mais sans faiblesse, en hôte généreux. CEdipe alors pressant de nouveau ses filles entre ses bras tremblants : « 0 mes filles, leur dit-il, c'est maintenant que, cédant à la nécessité, il vous faut avec courage vous éloigner de ce lieu, sans demander à voir, à entendre ce qui vous est interdit. Allez donc, et au plus vite. Le roi seul, Thésée, doit être témoin de ce qui va se passer. » Nous avons tous compris ces paroles, et fondant en larmes, gémissant comme les jeunes filles, nous nous sommes retirés avec elles. A quelques pas de là, et au bout de quelques moments, nous nous sommes retournés, et nous n'avons plus vu Œdipe, mais seulement Thésée, les mains devant les yeux comme pour s'épargner la vue d'un spectacle effrayant ; nous l'avons vu bientôt après qui, se prosternant, adorait la Terre et l'Olympe, séjour des dieux. Comment a fini (Edipe? Nul mortel ne le peut dire que Thésée. Les traits enflammés de la foudre ne l'ont point frappé, les flots d'une tempête ne l'ont point englouti. Quelque dieu.secourable est venu l'emmener, sans doute, ou bien la terre s'est elle-même entr'ouverte pour le faire descendre au séjour des morts (1). »
On trouve ensuite réunis les divers tribunaux : le Parabyste, le Trigone, l'Héliée, l'Epipalladion, le Delphinion.
On montre près de l'Aréopage le vaisseau qui
(l) Œdipe à Colone, vers 1607 à 1662.
92 INSTITUTIONS d'aTHËNES
sert à la pompe des Panathénées. « Il peut s'en trouver de plus grands, mais je n'en connais, dit Pausanias, de plus considérable que le vaisseau sacré de Délos, qui a neuf rangs de rames depuis le tillac (1). »
L'Académie, domaine d'un simple particulier, était auprès de la ville, à six stades du faubourg du Céramique. Elle devint un gymnase,
Et c'est dans ses jardins que Platon enseigna.
En y descendant, on trouve une enceinte consacrée à Artémis et des statues en bois d'Aristé et de Callisté (2), ainsi qu'un petit temple où, tous les ans, à certains jours, on porte la statue de Dionysos- Eleuthéros(3).
Parmi les tombeaux on compte ceux de Périclès, de Chabrias, de Phormion, et des Athéniens tués dans les combats sur terre et sur mer, excepté ceux qui périrent à Marathon, et qui furent enterrés sur le lieu même. Un cippe, sur chaque tombe, porte le nom du mort et celui du bourg où il est né.
Devant le tombeau de ceux qui périrent en Thrace, on a sculpté deux cavaliers aux prises.
On remarque aussi les tombeaux des cavaliers Thessaliens, des archers Cretois, de quelques Athéniens, des Cléoniens, de Clisthénès et de plusieurs généraux « à qui la fortune ne fut pas aussi favorable que le méritait leur valeur (4). »
Cet hommage aux vaincus est digne d'Athènes.
(1) Attique, XXIX. (2) La très bonne et la très belle.
(3) Libre. (4) Attique, XXIX.