CHAPITRE II
Elle ne récompensait pas le succès, mais Taccoraplissement du devoir. Pourquoi n'a-t-elle pas toujours été aussi bien inspirée?
Dans les inscriptions consacrées à ceux qui ont péri loin de la Grèce, le nom de Nicias, qui commandait en Sicile (412), a été omis. Au lieu de combattre jusqu'au bout, il s'était rendu, ce que le peuple considéra comme une lâcheté. Il est probable qu'il voulait punir aussi la conduite générale de cette guerre désastreuse. Il sut gré à Démosthène de n'avoir pas désespéré et de s'être soustrait à la capitulation (1).
Chaque guerre est rappelée par le tombeau de ceux qui y ont perdu la vie, car c'est un devoir pour les généraux de recueillir les corps. Ces tombeaux sont sur le bord des chemins, afin que les Athéniens aient toujours sous les yeux des souvenirs de courage et de dévouement.
Parmi les tombeaux des citoyens, on distingue ceux de Zenon, de Chrysippe de Soles, de Nicias, fils de Nicomède, habile peintre d'animaux, d'Harmodius, et d'Aristogiton , de l'orateur Ephialtès, qui contribua à la subversion des lois de l'Aréopage au profit de la démocratie, de l'orateur Lycurgue, qui amassa dans le trésor public six mille cinq cents talents de plus que Périclès, porta à quatre cents le nombre des trirèmes, acheva le théâtre, fit exécuter de nombreux ouvrages d'or et d'argent, et assura au milieu des circonstances les plus difficiles la prospérité intérieure.
L'Académie est précédée de deux autels, l'un à Eros, l'autre à Antéros (2). A l'intérieur s'élève un
(1) Attigue, XXIX.
(2) L'Amour et le contre Amour.
9^ INSTITUTIONS d'aTHÈNES
autel à Prométhée, d'où l'on part pour une course dans laquelle on doit conserver son flambeau allumé. Les Muses, Hermès, Athéna, Hercule y ont aussi des autels.
On voit ensuite un olivier, le second qui ait paru en Attique, et les tombeaux de Platon et de Timon le misanthrope.
L'autel de Poseidon-Hippius, d'Athéna-Hippia, le monument héroïque de Pirithous et de Thésée, ceux d'OEdipeetd'Adraste complètent ce qu'offre de remarquable la ville d'Athènes.
Ces renseignements fournis par l'exact et froid Pausanias suffisent pour faire connaître le lieu où se sont accomplis tant d'événements dont l'histoire a conservé le souvenir.
n ne dit rien de ses rues, de leur longueur, de leur largeur. Si elles n'avaient été formées que par les maisons des habitants elles auraient été certainement étroites et tortueuses. Mais elles renfermaient des autels, des statues, des temples, des monuments publics.
Elles avaient donc des dimensions propres à permettre d'apprécier la beauté des édifices. Les temples étaient toujours précédés d'un espace libre sur lequel se plaçait le peuple pour assister aux sacrifices.
Homère appelle Athènes la ville aux larges rues(i). Le nom de la rue des Trépieds est célèbre. On connaît peu d'autres noms.
Elle avait douze portes :
Celle du Céramique, citée par Xénophon (2) et par Plutarque (3).
(1) Eup-jàyia, Odyssée, IV, 31.
(2) Helléniques, II. (3) Péridès et Sylla.