CHAPITRE II
ces œuvres étaient appréciées, et qu'on ne les séparait pas du souvenir de leur auteur. Il faut remarquer seulement, qu'à propres du Parthénon auquel, d'ailleurs, il ne consacre que quelques lignes, Pausanias ne nomme ni Ictinos, ni Phidias. A-t-il cru inutile de répéter tout ce que, depuis plus de six siècles, la renommée disait?
Aussi, la piété, la reconnaissance, un orgueil légitime, le désir de conserver l'exemple de hautes vertus ou de grands exploits inspiraient les Athéniens, et peuplaient leur ville de tant de monuments, et surtout de si nombreuses statues, que l'on pourrait dire d'Athènes ce que Pline avait dit de Rome, héritière ou spoliatrice des villes vaincues, que l'on ne savait de quel côté était le nombre, ou des habitants ou des statues (l).
Aux dieux, aux demi-dieux, aux héros, aux citoyens illustres, les artistes avaient joint, comme décoration, des trophées, des animaux, des trépieds. L'art était partout, et l'art animait tout. Le goût épuré du public rendait les artistes vigilants et sévères pour eux-mêmes. Il n'est donc pas étonnant que les chefsd'œuvre se soient multipliés.
Les artistes athéniens avaient à leur disposition des matériaux de pi-emier choix. Le marbre de l'Hymette et celui du Pentélique avaient des qualités sculpturales qui les rendaient précieux. Celui de Paros n'était ni moins beau, ni moins durable. Le choix
(1) Barthélémy, compte qu'on en avait tiré plus de 70,000 du sol de Rome à la fin du xviiie siècle. Et combien venaient de la Grèce! Néron en enleva plus de 500 à Delphes. Les travaux faits de nos jours et les fouilles spéciales ont donné de très noraj^terr^^ç^ j^p^X^p^ultals.
BIBLIOTHECA Ottavlensi»
était fait avec tant de soin, que le temps lui-même a été impuissant à disjoindre les assises ou à écorner les plus vives arêtes.
Il est regrettable que beaucoup d'œuvres aient été composées de matériaux propres à exciter la cupidité. On pouvait dans un moment de fureur populaire, ou après la prise d'une ville, mettre le feu à un temple et renverser une statue de marbre. Il en restait toujours quelque chose.
Mais lorsque l'or, l'argent, le bronze, l'ivoire, le cèdre, les pierres précieuses entraient dans la composition d'une statue, comment résister au désir de se partager de si précieuses dépouilles? Violemment disputée et brutalement dépecée, l'œuvre disparaissait, et les matériaux devenaient la proie d'avides ravisseurs.
On a remarqué qu'il nous reste peu de statues de Zeus. On a attribué cette disette au respect inspiré par le roi des dieux ou au désespoir de le représenter après Phidias. Il est plus probable que ses statues formées en général de métaux précieux, étaient une trop puissante tentation pour qu'elles fussent conservées.
2. Si le plus grand nombre d'œuvres d'art a disparu, il est possible pourtant de retrouver sous la ville moderne, l'Athènes antique.
La capitale actuelle de la Grèce est située entre rilissos et le Céphisos, au pied du mont Lycabette, presque entièrement en dehors de l'ancienne ville, dont elle n'occupe que le tiers de la superficie.
Elle a soixante-dix mille habitants.