‹ Les institutions d'AthènesChapitre 57 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Entièrement détruite en 480 par les Perses, Athènes se releva plus grande, plus étendue et plus riche. Elle subit sans y rien perdre au point de vue matériel, la domination romaine. Elle n'avait pas résisté, n'avait pas été prise, et n'eut pas, par conséquent, à subir les horreurs d'un pillage désordonné. Il est probable pourtant que ses places publiques et ses temples subirent les outrages que Mummius infligea à Corinthe, et que Métellus étendit à d'autres villes. La proie était trop abondante et trop belle pour ne pas tenter l'âpre avidité d'un vainqueur qui ne mena geait les vaincus que dans la mesure où la politique l'exigeait. Beaucoup d'objets d'art furent transportés en Asie. Si quelques-uns furent rendus par Alexandre ou ses successeurs, combien ont dû être détruits ou perdus! Rome garda les siens.

Lorsque Sylla se rendit en Grèce, Athènes ne suivit pas l'exemple des autres villes qui lui envoyèrent des députés. Le tyran Aristion qui pesait sur elle, provoqua une première fois le siège du Pirée, et plus tard, quand Sylla revint de Rome, celui d'Athènes (88 av. J.-C).

La ville fut prise, abandonnée aux soldats, et inondée de sang. Plutarque qui raconte longuement ces événements (1), et montre la froide vengeance d'un sceptique s^exerçant aux excès, ne dit pas ce que la ville souffrit dans ses monuments. Il se contente de signaler la destruction des fortifications et l'incendie de l'arsenal du Pirée « bâti par l'architecte Philon, et qui était un ouvrage admirable. »

En 404, lors de la prise d'Athènes par Lysandre,

(l) Sylla, de XVI à XXI.

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aucun des édifices n'avait souffert. Seuls les longs murs avaient été renversés parce qu'ils pouvaient servir à la défense , et qu'il fallait qu'Athènes fut entièrement à la disposition du vainqueur.

Les murs avaient été relevés en 3 9 o , lorsqu' Athènes commençait à secouer le jouglacédémonien.

Sous la domination romaine, Athènes fut le rendezvous des voyageurs et des esprits cultivés. Les riches Romains y envoyaient leurs enfants dont ils ne croyaient pas l'éducation achevée tant qu'ils n'avaient pas vécu dans la capitale des lettres et des arts.

Le long repos politique valut à Athènes une seconde floraison plus longue, moins générale et moins brillante que la première, mais qui du moins fut une consolation, si elle ne pouvait être une espérance. Aulu-Gelle de Rome, Apulée de Madaure, en Afrique, y séjournèrent au milieu d'une colonie de jeunes Romains. Les sophistes régnaient, et les raffinements de leur esprit étonnaient les intelligences occidentales, moins actives et moins souples.

Marc-Aurèle donna une organisation officielle à l'École, et assura aux professeurs des traitements fixes (1). Il y avait trois ordres d^enseignements : la philosophie, la rhétorique, et la politique. Quatre sectes vivaient côte à côte et dans une paix relative : les platoniciens, les stoïciens, les épicuriens, les péripatéticiens. Les chaires étaient fort recherchées, et Lucien, qui ne respecte rien, dit qu'on se battait pour les avoir (2).

Les traitements étaient élevés. Des concours éta-

(1) Dion Cassius, livre LXXI, 31.

(2) VEnnuque,

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