‹ Les institutions d'AthènesChapitre 59 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Une explosion en détruisit une partie, ébranla l'autre, et autorisa sous prétexte de reconstruction, d'affreuses profanations artistiques.

En 1687, les Vénitiens, sous la conduite de Morosini, assiégeaient l'Acropole. Une bombe fit sauter le milieu du Parthénon. La ville fut prise, etles lions dont Venise est si fière, allèrent orner les abords de Saint-Marc.

En 1715, les Turcs revinrent et gardèrent Athènes jusqu'en 1822. Leur incurie laissa perdre un grand nombre d'objets que le temps avait été impuissant à détruire. La citadelle fut prise d'assaut au mois de mars par les Grecs et reprise le 5 juin 1827 par le seraskier Reschid. On comprend tout ce que ces monuments eurent à souffrir des projectiles, des travaux de défense, et du séjour des soldats.

Enfin, le 3 février 1830, un protocole des trois puissances qui étaient intervenues en faveur de l'insurrection, prononça l'existence nationale indépendante de la Grèce, et Athènes devint la capitale du nouveau royaume.

3. Un certain nombre de monuments existent encore dans un état de conservation ou de ruines plus ou moins complètes. Ce sont : le temple de Thésée, des restes de l'Aréopage, du Pnyx, du Prytanée; le portique du temple d'Athéna-Archégétis ; des fragments des constructions de l'Agora, des colonnes corinthiennes du temple de Zeus-Olympien.

On trouve encore le portique d'Attale I", ce roi de Pergame qui aimait Athènes et voulut contribuer à sa splendeur; celui de son fils Eumène; le

gymnase d'Hadrien; l'arc de triomphe du même empereur; le monument de Lysicrate, fort improprement appelé lanterne de Diogène, et qui est de 325 avant Jésus-Christ; la tour des vents, du ii^ siècle, qui servait aux observations astronomiques, et renfermait un cadran solaire et une horloge hydraulique; le théâtre de Dionysos, construit au iv® et au v^ siècle avec une grande richesse, et dont il est possible de reconstituer le dessin général et la distribution.

On remarque enfin l'Odéon élevé par Hérode Atticus, vers 160 après Jésus-Christ, et qui pouvait contenir six mille spectateurs; et le stade panathénaïque où eurent lieu des représentations d'une autre nature que celles qui convenaient aux mœurs douces et à l'esprit délicat des Athéniens. Il fut construit par l'orateur Lycurgue, et achevé par Hérode Atticus. Hadrien y avait fait paraître à la fois dix mille bêtes féroces. Le Parthénon mérite une mention à part. C'est la plus belle et la plus majestueuse des ruines. Brisé par une violente explosion, dépouillé par un barbare amour de l'art, il reste debout comme une œuvre admirable par la pureté des lignes, l'harmonie de l'ensemble, la richesse de ses détails et la perfection de ses ornements. L'art antique n'a rien produit d'aussi beau. Athènes maîtresse d'elle-même a compris qu'elle devait veiller sur lui comme sur un joyau du plus haut prix.

Si la conquête et une passion avide n'ont pu enlever à Athènes ces monuments, nous trouvons cependant recueillis dans nos musées, comme des trésors, des fragments de bas -reliefs, de fûts, de colonnes, arrachés à la destruction.

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