CHAPITRE
en sens divers, et formant des ramifications multipliées, a divisé la Grèce en une multitude de petites contrées où purent s'enfermer et trouver une protection assurée, les premiers immigrants.
Le climat de la Grèce est extrêmement varié. On rencontre, dans un espace restreint, des températures tout à fait différentes, et par conséquent des productions qu'il faut habituellement aller chercher au loin. L'altitude et l'exposition expliquent ces différences. II en résulte, pour le caractère des habitants, les relations, l'agriculture, l'industrie, les destinées, une grande variété.
Arbres, plantes, fleurs, fruits, température, horizon, tout diffère, à tel point que si l'on ne prend la précaution de désigner exactement le lieu décrit, on risque d'être accusé de manquer à la vérité. Mais il y a des traits communs qu'il ne faut pas oublier, et qui font sortir du sein de cette constante variété, une admirable unité.
Il n'y a pas moins de diversité et de richesse dans les productions minérales. On trouvait de l'or et de l'argent à Siphnos, une de^^ Cyclades, à Thasos, près des côtes méridionales de la Thrace ; de l'argent au cap Sunion; du cuivre àCypros qui en a tiré son nom; du fer en Eubée, en Béotie, à Mélos, dans la Crète et l'Hermionide; du marbre en Attique et à Paros. €'était assez pour satisfaire aux besoins, entretenir les échanges et fournir des matériaux à toutes les créations de l'art et de l'industrie.
Ce qui est vrai du sol ne l'est pas moins des habitants.
6 INSTITUTIONS d'aTHÈNES
2. Les origines de tout peuple sont obscures, et les explications données pour les éclairer n'ont eu trop souvent pour résultat, que d'accumuler les ténèbres. Les caractères ethnographiques et la philologie sont des flambeaux, mais le point où on les place et la direction qu'on leur donne, ne permettent pas toujours de tout voir. L'abus qu'on en a fait ne doit ni nuire aux conclusions logiques, ni nous rendre indifférents aux avantages que l'on peut en retirer. Là où les langues se ressemblent, il n'est pas possible qu'il n'y ait pas communauté d'origine, rapports fréquents, domination d'un côté et soumission de l'autre, ou pénétration mutuelle. La langue sagement consultée éclaire ainsi ou explique l'histoire.
(( C'est par cette méthode, dit Curlius (1), que la langue grecque a été rattachée à la famille des langues indo-européennes ou aryennes, et le peuple grec reconnu. pour un rameau détaché de ce peuple aryen primitif, qui, à l'origine, établi sur les plateaux de la Haute-Asie, renfermait dans son sein les ancêtres des Hindous, des Perses, des Celtes, des Grecs, desitaliotes, des Germains, des Lettons et des Slaves. »
Il est impossible de dire l'époque où les premières bandes venues par le nord, à travers les Cyclades, ou par les îles échelonnées qui rattachent la partie méridionale de l'Asie-Mineure au dernier prolongement du Péloponèse, se sont établies sur le continent européen. Ce que la tradition affirme, c'est qu'il y eut des invasions successives. A défaut de la tradition, la différence dans la langue, dans le (1) Histoire grecque, traduction Boucher-Leclercq, I, p. 19.