CHAPITRE
culte, dans l'esprit, dans les mœurs, l'établirait.
Les premiers habitants de la Grèce furent les Pélasges. Strabon (1) et Hérodote (2) voient en eux la souche primitive des peuples qui ont occupé les diverses parties de la Grèce. Leur histoire n'est pas connue, mais leurs monuments restent, et quoiqu'on ne doive pas leur attribuer une taille et une force extraordinaires, ils ont laissé des constructions qui frappent par leur indestructible grandeur.
Ce n'est pas seulement en Grèce que le sol garde ces souvenirs des âges reculés. On les retrouve en Allemagne, en Italie, en France, en Angleterre et jusqu'en Amérique. Les peuples enfants manifestent ainsi le désir de protéger leur sécurité, leur respect pour des souvenirs, ou leur piété pour la divinité dont ils redoutent la vengeance et dont ils implorent le secours. La nation pélasgique était une des cinq branches de la race caucasienne que l'on croit subdivisée en : indo-persique, chaldceo-syriaque, celtique, germanique, pélasgique. Elle s'avança d'orient en occident, occupant les contrées qui s'ouvraient devant elle, se divisant selon les besoins ou les préférences, et après avoir occupé l'Asie-Mineure, se répandant en Europe, jusqu'à la barrière formée par l'Océan.
Les Hellènes succédèrent aux Pélasges. Hs venaient des mêmes contrées, avaient une même origine et suivirent le même chemin. Thucydide voit dans les Pélasges et les Hellènes une seule nation. Hérodote dit que ces derniers sont un rameau qui s'est déla-