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CHAPITRE III

PRECIS DE L'HISXOIRE JD'iVXHEIVES

DEPUIS LES PREMIERS TEMPS JDSQU A L HEGEMONIE

Les premiers temps et les rois.

1. La situation de l'Attique, à l'extrémité orientale de la Grèce, au sud de l'Hellade, avec de longs rivages, une barrière de montagnes et la mer, l'a rendue presque inaccessible aux grandes invasions.

Si la légende fait sortir ses premiers habitants du sol, l'histoire a de bonnes raisons pour croire que c'est par la mer qu'elle a été primitivement peuplée. La mer a jeté sur toutes ses côtes des populations diverses, qui ont pacifiquement occupé les lieux où elles ont été apportées, ou ceux qu'elles ont choisis.

Les montagnes qui la traversent du nord au sud, forment trois plaines assez fertiles pour appeler les hommes et les récompenser de leurs travaux, pas assez cependant pour leur donner une vie facile, et les dispenser de constants efforts.

Les Phéniciens, les plus anciens et les plus hardis

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navigateurs, paraissent s'y être établis les premiers. C'est du moins leur trace que l'on constate d'abord. Il est probable qu'ils y trouvèrent ces habitants dont la vanité nationale fit plus tard des autochthones, et qu'elle proclama fils de la terre. Ils étaient venus de l'Asie, le berceau du genre humain, dont on peut dire plus justement ce que le Goth Jornandès disait du Nord (1), et les Cyclades leur avaient fourni un passage facile. Ce qui établit plus tard des relations politiques et rendit presque inévitables les guerres, dut, dès les temps les plus reculés, favoriser l'expansion des races rapidement multipliées, vers ces espaces qui appelaient leur activité, en leur promettant la satisfaction de leurs besoins.

C'est sur ces hommes organisés en société que, d'après les légendes, Ogygès aurait régné, dès le xviii'^ siècle avant J.-C. Le traducteur d'Hérodote, Larcher, qui voit la vérité historique là oii les anciens ne consignaient que de lointaines traditions, considère la personne d'Ogygès et la date de son existence (1796) comme absolument inattaquables (2).

Sous son règne, un déhige aurait fait périr en Attique toute la race humaine. Deucalion et Pyrrha, sauvés d'une manière qui rappelle le récit biblique, auraient ensuite repeuplé le pays.

Selon les marbres de Paros (3), Deucalion se serait arrêté à l'endroit oii s'éleva l'Acropole d'Athènes, et y aurait fondé le temple de Zeus-Oîympien.

(1) Il l'appelait humani generis officinam, la fabrique du genre humain.

(2) Chronologie d'Hérodote, c. IX, 1.

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