‹ Les institutions d'AthènesChapitre 68 sur 335 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mant que personne n'était digne du trône après un roi comme Codros. Il est plus vraisemblable que raristocratie nouvelle répandue sur les flancs de la montagne jusque dans la plaine qui s'étend vers la mer, se réunit à l'aristocratie ancienne agglomérée autour de l'Acropole, pour frapper à la fois la royauté et la démocratie qu'elle avait fondée. Peutêtre n'eut-elle qu'à applaudir à ceux qui lui rendaient ce service.

Thésée avait établi un gouvernement populaire dont l'esprit subsistait sous le pouvoir royal. Cet esprit tient au fond même de la cité, et l'histoire nous le montre toujours vivant, malgré les révolutions, sous la royauté, comme sous le gouvernement populaire. Euripide parlait d'Athènes quand il faisait dire à Oreste : « Je suis le fils d'Agamemnon, qui fut jugé digne de commander à la Grèce. Sans exercer le pouvoir absolu, il eut presque la puissance d'un dieu (1). »

5. Gomment s'était formée cette ville dont l'histoire primitive, quelque incertaine qu'elle soit, exerce sur l'esprit une si puissante séduction?

La ville de Gécrops occupait, au milieu d'une plaine où l'Ilissos et le Géphise répandent leurs bienfaits, et où la salubrité de l'air et la fertilité du sol devaient attirer les hommes, à quelque distance de la mer, et assez près pour qu'elle pût unir les avantages d'une ville maritime et ceux d'une ville intérieure, un point que la nature avait fortifié et rendu imprenable. « A moitié chemin entre l'Hv-

(1) Oreste.

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mette et les collines de l'ouest, on rencontre un groupe de monticules calcaires, et, parmi eux, un bloc isolé, énorme, qui, sauf du côté de l'ouest où un étroit passage le rend accessible, se trouve circonscrit dans toutes les directions par des parois tombant à pic, aplani sur toute la largeur de sa surface supérieure, où il y avait place pour les sanctuaires des dieux nationaux et les demeures des seigneurs du pays.... C'est l'Acropole d'Athènes; c'est, des douze châteaux forts de l'Attique, celui qui portait de préférence le nom de Cécrops (1). »

Les environs que les poètes ont tant de fois chantés, lui font une ceinture riche et variée. <c L'Ilissos et le Géphise, dit Barthélémy (2), serpentent autour de la ville ; près de leurs bords, on a ménagé des promenades publiques. Plus loin, et à diverses distances, des collines couvertes d'oliviers, de lauriers ou de vignes, et appuyées sur de hautes montagnes, forment comme une enceinte autour de la plaine qui s'étend vers le midi jusqu'à la m,er. »

Homère parle ainsi d'Athènes dans le dénombrement des vaisseaux : c( Ville magnifique, cité du magnanime Érechthée, que jadis éleva Alhéna, et qu'enfanta la terre féconde. La déesse le reçut dans son riche temple, où les jeunes Athéniens, lorsque chaque année est révolue, se la rendent propice par des offrandes de bœufs et d'agneaux. »

Alhéna est la protectrice de la ville. Elle y réside, et Poséidon avec elle, peut-être sous le nomd'Érech-

(1) Ern. CuRTius, Histoire grecque, traduction Boucher-Leclercq, I, p. 364.

(2) Voyage d'Anacharsis, chap. VI.

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