CHAPITRE III
thée, afin qu'il ne reste aucune trace de la rivalité des premiers temps entre les deux habitants de l'Olympe. Le partage, condition de la concorde, se serait ainsi fait : Athéna , gardant la supériorité à cause de sa dignité comme fille de Zeus et de sa victoire sur le sol de l'Attique doté par elle du fécond olivier; Poséidon, sous un nom mortel, veillant sur les destinées de la ville, et lui assurant l'empire de la mer.
Les dèmes semés sur la côte et dans l'intérieur du pays, existent dès les temps les plus reculés, et se maintiennent à travers les luttes étrangères et les révolutions intérieures, formant de petites sociétés avec tous les organes qui assurent la vie, un gouvernement, un héros éponyme, par conséquent un culte particulier à côté du culte général, des traditions, et offrant tous les avantages de la diversité familiale et administrative au-dessous de la grande unité sociale et politique.
Athènes fut longtemps la première ville de l'Attique, sans en être encore effectivement la capitale. La réunion des douze bourgades avait fait sa force, mais en aiguisant la jalousie. Il y avait d'ailleurs un rôle pour les autres villes, et quelques-unes purent montrer qu'elles n'étaient pas sans ambition et pouvaient rendre des services. En face de l'Eubée, une Tétrapole s'était formée et développée. Elle comprenait les quatre villes de Zénoé, Marathon, Probalinthe et Trycorithe.
C'est de là que sortit le salut de l'Attique. Mais il fut dû aux dieux dans la personne d'un de leurs fils.
128 INSTITUTIONS d'aTHÈNES
Athènes prétendait être le berceau de la race Ionienne. Elle en fut la personnification la plus brillante : est-il étonnant qu'elle ait voulu la faire naître sur son sol?
6. Ion, dont Apollon était le père, aurait régné sur Athènes, après avoir repoussé les habitants de Chalcis et vaincu les Thraces qui, sous la conduite d'Eumolpe, avaient envahi l'Attique.
Son règne se placerait soit après Érechthée, soit avant les quatre fils de Pandion II, et il aurait donné naissance à quatre fils, les héros éponymes des quatre tribus : les Téléontes, les Hoplites, les Argades, les Egicores.
Les Ioniens s'établirent au pied de l'Acropole, où résidaient les anciennes familles qui recevaient, sous une protection quelquefois hautaine, les émigrants de tous les pays. Ils unirent le culte d'Apollon, leur dieu protecteur, à celui des divinités honorées dans la cité primitive, Zeus, Athéna, Poséidon. Ion épousa Creuse, fille d'Érechthée, et les deux peuples n'en formèrent plus qu'un.
L'unité de la ville ne faisait pas celle du pays. Les onze dèmes, d'une importance inégale, mais jaloux de leur autonomie, restaient à l'écart ou disputaient la suprématie à la ville de Gécrops. Eleusis et Pallène manifestèrent ces prétentions rivales. Athènes les vainquit, et ce succès auquel la modération donna un haut prix, provoqua la sympathie.des uns et fit cesser la résistance des autres. On s'accorda pour ne donner qu'une tête à ce corps, dont les membres occupaient toute l'Attique. Les