VIII
ché peu à peu du tronc pélasgique, pour vivre de sa vie propre (1).
Il y avait pourtant entre eux des différences, et les Hellènes montraient une activité, des ressources, une ambition qui manquaient à leurs prédécesseurs. Industrieux de bonne heure, ils tirèrent parti des ressources que leur offraient le sol et la situation du pays où ils s'étaient arrêtés.
Parmi eux, soit qu'ils fussent venus par des routes différentes, soit que leur arrivée en Grèce ait eu lieu à des époques éloignées, il se forma plusieurs divisions. Les deux principales furent celles des Doriens et des Ioniens. Ces deux parties d'un même peuple diffèrent essentiellement entre elles, et les années ne font qu'accuser cette différence.
Les conquêtes des Doriens sont brusques, celles des Ioniens successives. Les premiers s'imposent ; les seconds pénètrent doucement et absorbent. Curtius expose ainsi l'arrivée et les établissements des uns et des autres.
({ Ces nouveaux venus (les Hellènes) prirent des routes diverses. Les uns, suivant le grand chemin des peuples, pénétrèrent par l'Hellespont dans les montagnes de la Grèce septentrionale, et là, vivant des produits de leurs champs, de leur chasse et de leurs troupeaux, inaugurèrent le système de vie en commun qui leur est propre ; parmi eux, se trouvent les ancêtres de cette tribu qui, plus tard, sous le nom de Doriens, devait échanger cette vie obscure contre de plus brillantes destinées. Les autres, en quittant les plateaux de la Phrygie, descendirent les