‹ Les institutions d'AthènesChapitre 71 sur 335 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

génie qui, retrempé au contact d'éléments de différente nature, se plie à toutes les exigences et devient capable des plus grandes choses.

Athènes resta fidèle à cette générosité dans son droit public, et Suidas rappelle une loi d'après laquelle tous les étrangers d'origine hellénique avaient, en Attique, un droit d'asile (1).

L'antiquité qui n'a pas connu la fraternité des peuples et qui a profondément souffert de l'hostilité des races, n'imita pas cet exemple, et dans l'emportement des guerres, Athènes fut trop souvent infidèle à elle-même. Les lois ne sont pas toujours la règle des mœurs. Et combien de fois ne restent-elles pas impuissantes contre les sollicitations de l'intérêt et les emportements de la passion !

L'archontat.

1. L'archontat fut substitué, en 1045 (2), à la royauté. C'était un pas vers un régime nouveau. Il semblait bien que le nom seul fut changé, et que l'archonte eut les mêmes droits que le roi, mais il n'en était rien.

Sans doute, l'archonte devait être de la famille

(1) Lexique, S. V. Trsp'.Ootoa'..

(2) Les marbres de Paros placent les Nélides en 1145, Il ne faut pas oublier que toutes ces dates sont problématiques, et il serait inuUle de tenter de les mettre d'accord entre elles.

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de Codros, et Médon prit la place de son père, mais la règle de la succession n'était plus aussi certaine ; sans doute, son pouvoir ne finissait qu'avec la vie, mais il devint responsable, et cette responsabilité le mit à la discrétion de l'aristocratie qui conserva cette ombre de monarchie, afin de marcher plus sûrement à son but.

L'archonte perpétuel siégeait et rendait la justice dans le Prytanée, qui resta toujours le centre de la puissance, et c'est là que furent nourris plus tard les membres du conseil des Cinq-Cents qui gouvernaient (1).

Pendant que les Nélides, descendants de Codros , émigrent en Asie, les Médontides, fils de Médon, exercent le pouvoir. Il n'y eut point de séparation entre le spirituel et le civil. « Le Médontide régnant était le président à vie d'une république oligarchique, tandis que l'aristocratie des familles exclues du trône faisait sentir son influence et surveillait le gouvernement (2). ))

Ainsi, le pouvoir ne résidait pas dans une personne, mais dans une association de familles. Dès lors, il recevait un caractère vague qui ne pouvait que l'affaiblir. Le titre même était commun à plusieurs. Si un seul semblait assumer la juridiction et, par conséquent, la responsabilité, il n'était pas complètement maître de ses actes, et le conseil de la rojce lui imposait sa conduite.

(1) npu-àv£i;, dit Curtius (I, 377, note), est le titre officiel des magistrats qui succèdent aux rois ; mais plus tard encore, dans les séances plénières du Sénat et de l'Assemblée du peuple, les présidents prennent ce titre comme étant revêtus momentanément de la souveraineté de l'État.

(2) E. Curtius, I, p. 378.

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