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CHAPITRE III

Que restait-il donc de la royauté? Et cependant, l'aristocratie prétendit n'en avoir pas altéré le caractère essentiel. Elle laissait, il est vrai, à un seul la présidence, plutôt que le gouvernement de la ville, mais si elle n'avait pas porté la main sur le pouvoir exécutif, elle le dominait par sa surveillance. Aussi, Barthélémy a-t-il raison de dire : a Ils reconnurent Jupiter pour leur souverain (1). » Le pouvoir personnel ne devait renaître qu'avec des hommes supérieurs pendant la période glorieuse, et des tyrans dans la décadence.

Cette révolution pacifique ménagea la transition.

Treize archontes exercèrent ce pouvoir diminué, ce qui fait une moyenne de vingt-deux ans pour chacun. En 752, l'aristocratie le trouva suffisamment affaibli pour le limiter à dix ans. Il ne paraît pas qu'il y ait eu de grands regrets, ni des difficultés sérieuses à cette réforme plus grave. L'hérédité disparaissait, et le choix put être fait en dehors de la famille royale. L'ambition des grands y trouvait sa satisfaction, et peut-être le peuple s'en réjouit-il dans l'espérance de voir son tour arriver. C'était, dans tous les cas, un principe nouveau dont les conséquences devaient atteindre le gouvernement tout entier. L'élection se substituait à l'hérédité, et le nombre de ceux qui pouvaient aspirer au pouvoir augmentait.

Sept archontes décennaux se succédèrent de 752 à 683. L'antique race royale resta au pouvoir jusqu'en l\i (2). Elle fournit quatre archontes décennaux. C'était un hommage rendu au passé : mais

(1) Voyage d'Ànacharsis, Introduclion, l'e partie.

(2) Denys d'Halic, I, 71.

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lorsqu'un principe est posé, pour un homme ou un peuple, il produit inévitablement ses fruits.

On commença par prendre dans la famille autrefois régnante les archontes décennaux, puis on descendit aux familles les plus rapprochées par leur origine, leur antique illustration et leur fortune, et l'on arriva bientôt à ne demander que cette dernière condition. On reconnut le pouvoir pour la vie tout entière, on le limita à dix ans, et l'on finit par le rendre annuel. On avait obéi au pouvoir concentré en une seule main, on lui donna ensuite un conseil, et on étendit la juridiction à toute une famille, puis on élut neuf magistrats qui se partageaient, sans aucun lien entre eux qu'une commune élection, ce qui avait été dans les attributions d'un seul.

Ces changements, quelque profonds qu'ils soient, ne constituent pas une révolution. Ils sont la conséquence régulière, inévitable, de l'esprit de la cité et de ses institutions.

Le premier archonte décennal entra en fonctions en 752. Il n'est pas certain que tous ses successeurs aient atteint la limite assignée à leur dignité. On croit cependant que l'espace de soixante-neuf ans, entre 752 et 683, fut rempli par sept régents.

La suppression de la royauté à Athènes devait sortir de l'organisation donnée au peuple dèsle règne de Thésée. Aussi, Démosthène (1) lui attribue-t-il la fondation du pouvoir populaire.

La ville faible, la royauté était nécessaire ; la ville forte et populeuse, la royauté devenait dangereuse et devait disparaître.

(1) Contre Nééra.

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