‹ Les institutions d'AthènesChapitre 9 sur 335 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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vallées jusqu'à la côte de i'Asie-Mineure et, de là, se répandirent dans l'archipel. Ceux-là furent les ancêtres de ces familles helléniques auxquelles appartenait la tribu des Ioniens (1). »

Cette division n'existe pas encore pour Homère. Il voit bien dans la Grèce deux peuples différents, l'un, les Panhellènes, habitant la Thessalie; l'autre, les Achéens, dominant dans le Péloponèse, en attendant qu'ils donnent leur nom à une petite partie de cette contrée ; mais le nom d'Ioniens ne figure qu'une fois dans ses vers.

3. Ce qui caractérise les peuples aux grandes destinées, c'est qu'on ne trouve pas en eux une origine unique. Ils n'ont été, sans doute, puissants que par l'unité, mais cette unité n'a été souveraine que parce qu'elle est sortie de la diversité. C'est ce qui explique la longue et douloureuse élaboration par laquelle ils passent.

Cette observation se trouve justifiée par les destinées de la Grèce, de l'Italie et de la France, qui, après avoir reçu des éléments ethnographiques divers, les ont ramenés à un caractère général, et, grâce à une vigoureuse puissance d'assimilation, les ont fait entrer dans leur constitution définitive.

Aux Pélasges et aux Hellènes, dont les bandes ou tribus avaient déjà reçu par leur séjour sur des points différents de l'Asie, et par la situation et le climat de la contrée où ils s'arrêtèrent en Grèce, une physionomie particulière, ne tardèrent pas à se joindre des peuples qui ne leur ressemblaient pas.

(1) Histoire de la Grèce, I, p. 40.

Si, dans une même famille, on trouve parmi les enfants des variétés et même des oppositions, il ne faut pas s'étonner que, malgré l'origine commune des peuples qui, des plateaux de la Haute-Asie, se sont dirigés vers l'Europe et en ont occupé le midi, le centre et jusqu'à l'extrême occident, il y ait des différences dans le caractère, l'esprit, lés mœurs et les habitudes. On retrouve cependant entre elles, indestructibles, des traits généraux qui marquent leur point de départ et maintiennent la parenté; mais il faut quelque attention pour les découvrir sous des apparences qui les dissimulent.

Les Phéniciens furent le premier peuple étranger qui s'arrêta sur le sol de la Grèce après les invasions des Pélasges et des Hellènes. l\ n'était pas éloigné de la Grèce. Navigateur de bonne heure, par la facilité que lui donnaient des côtes unies, et la nécessité qui résultait des faibles ressources d'un territoire étroit, il se trouvait attiré par la proximité de Cypre. Rhodes venait ensuite. Là, s'ouvrait devant l'ambition mercantile, la seule à laquelle aient obéi les Phéniciens, une double voie. De Rhodes on pouvait gagner la Crète , et par Cythère aborder au Péloponèse, ou se diriger vers les Gyclades, assez rapprochées l'une de l'autre pour que la route fût ouverte. La curiosité et l'intérêt poussant toujours en avant, ils arrivèrent sur les côtes baignées par le golfe Saronique et la mer de Myrtos.

Actifs et industrieux, ils avaient besoin de l'étranger pour vivre et s'enrichir. Ils lui apportaient leurs produits, ils en recevaient ce qui leur manquait, et se substituaient, avec la décision qui caractérise

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