‹ Les institutions d'AthènesChapitre 81 sur 335 · CHAPITRE HT · texte numérisé non relu

CHAPITRE HT

tailsles changements apportés par Clisthénès à l'ordre établi par Solon. Mais toutes ses mesures furent prises en faveur de la démocratie. Solon en avait secondé les aspirations ; mais, par de nombreuses et sages précautions, il s'était efforcé d'en prévenir ou d'en comprimer les excès. Clisthénès n'y mit d'autre tempérament que l'ostracisme. Peut-être aussi comptait-il sur l'intelligente pénétration du peuple athénien, sur l'intérêt que chacun trouvait à l'ordre et sur ce juste tempérament qui semblait la qualité dominante de son génie.

Ces mesures étaient doublement désagréables à Sparte. Elles trompaient ses espérances et fortifiaient un système gouvernemental qu'elle regardait comme un danger pour la Grèce. Isagoras , un des chefs Eupatrides, vint réclamer son aide. Un héraut Spartiate fut envoyé à Athènes avec des demandes impératives. La plus importante était le bannissement de Clisthénès à qui la souillure de sa famille devait interdire toute fonction publique. Clisthénès ne crut pas pouvoir résister et s'exila.

Le roi Cléomène, maître d'Athènes grâce à l'appui des Eupatrides et à la terreur que l'intervention de Sparte inspirait, fit sortir sept cents familles, et substitua au Conseil trois cents citoyens pris parmi les principales phratries hostiles aux réformes de Clisthénès. Athènes se souleva, et Cléomène avec ses partisans dut se réfugier dans l'Acropole. Il put en sortir deux jours après, mais en vaincu, et ceux qui s'étaient associés à sa tentative furent saisis et mis à mort.

Cléomène réunit des soldats, s'assura du concours

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des cités et des îles jalouses d'Athènes, et fit trembler ceux qui venaient, pour la seconde fois, de conquérir leur indépendance. Clisthénès demanda au roi de Perse une intervention en faveur de sa patrie, et le satrape Artapherne, qui résidait à Sardes, prétendit imposer en échange l'hommage de la terre et de l'eau. Ce que le réformateur aveuglé par le désir de la vengeance avait accepté , le peuple le rejeta avec indignation, et prit les armes.

Il avait deux ennemis : les Spartiates avec les alliés du Péloponèse, sous le commandement d'un de leurs rois, et les Béotiens. Les Athéniens marchèrent contre Cléomène. Mais les Corinthiens et le second roi de Sparte , Démarate , déclarèrent ne vouloir pas prendre part à une guerre injuste. Les Athéniens, libres de ce côté , coururent aux Béotiens, les vainquirent et , par une seconde victoire , s'emparèrent de l'Eubée, dont ils restèrent les maîtres.

Mais le danger n'était pas conjuré. Égine, qu'une vieille rivalité commerciale soulevait contre Athènes, était en armes, et Sparte, qui croyait que « l'Attique libre deviendrait capable de balancer sa puissance , tandis que, courbée sous le joug , elle resterait inévitablement faible (l), » appela Hippias, qu'elle avait renversé, et lui promit de le rétablir.

Elle ne pouvait, seule, obtenir un si grand résultat. Elle essaya d'y associer ses alliés, et leur proposa une expédition générale contre Athènes. A l'exemple des Corinthiens, qui ne voulurent pas concourir au rétablissement de la tyrannie dont ils connaissaient les maux, la plupart des villes se retirèrent, et Hippias,

(1) Hérodote, y. 91.

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