‹ Les institutions d'AthènesChapitre 82 sur 335 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qui avait compté sur la Grèce pour dompter Athènes, n'eut plus d'espoir que dans les armées du grand Roi. Ses instances n'ont pas seules produit les guerres médiques ; elles sont au nombre des causes qui en ont déterminé l'explosion.

Les guerres médiques.

1. « Athènes, qui était déjà grande, fut plus grande encore après l'expulsion des tyrans. » Ainsi s'exprime Hérodote (1), mais il fallait que cette grandeur reçût une consécration. Elle lui vint de l'étranger. Aucun peuple n'en a reçu de plus éclatante , parce que la liberté et l'existence d'aucun peuple n'ont couru un pareil danger.

L'immense empire des Perses, qui s'étendait du centre de l'Asie à la Méditerranée , et de l'Egypte à l'Euxin, allait jeter ses innombrables soldats sur cette étroite contrée qu'une même origine, une même langue, les mêmes dieux unissaient, et qu'un égal patriotisme put seul sauver.

La cause véritable des guerres médiques est ancienne. Lorsque l'empire des Perses se fut constitué par l'union avec la Médie des contrées situées à l'occident de l'Euphrate , il se trouva condamné à s'agrandir sans cesse. Tout voisin était un danger pour lui, et toute conquête nouvelle n'était assurée

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qu'à la condition d'avoir des frontières naturelles. Encore ces frontières ne suffisaient-elles pas à sa sécurité, lorsque derrière elles veillait l'ambition ou s'abritait un peuple redoutable.

« Les Ioniens voyaient leur puissance s'agrandir, lorsque Cyrus, avec les forces du royaume de Perse, abattit Crésus, et conquit tout ce qui est en deçà du fleuve Halys jusqu'à la mer (1). d

Pendant deux cent quarante ans, ils avaient été en lutte avec les rois de Lydie ; Crésus les soumit, grâce à leurs divisions intérieures. Cette soumission n'était ni onéreuse pour eux, ni inquiétante pour le commerce et l'indépendance de la Grèce.

Lorsqu'ils devinrent les sujets de la Perse, leur situation ne changea pas. Ils furent ses navigateurs comme les Phéniciens, les Égyptiens, les Cypriotes, les Ciliciens, les Pamphyliens, les Lyciens. Ils étendirent ainsi, sans rien perdre de leur prospérité, la puissance de la Perse, et encouragèrent ses prétentions à la domination universelle. Déjà la Crète, Corcyre, la Grande Grèce, la Sicile paraissaient disposées à se soumettre, convaincues peut-être qu'un pouvoir aussi éloigné n'était pas dangereux, et qu'un roi obéi dans tant de pays devait toujours être utile.

Les Grecs regardaient la mer Egée comme leur domaine. Les navigateurs qu'ils y rencontraient étaient des alliés, enfants d'une même famille comme les Ioniens, ou des commerçants depuis longtemps amis, comme les Phéniciens et les Égyptiens. Ils avaient besoin de liberté et de sécurité. Les préten-

(1) Thucydide, I, 16.

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