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CHAPITRE III

Les Perses se flattaient de compenser par la prise d'Athènes leur défaite de Marathon. Mais l'armée victorieuse occupait la ville au moment où les vaisseaux ennemis qui avaient rapidement fait le tour de l'Attique, étaient en vue de Phalère. L'expédition était manquée, et la flotte revint en Asie. L'instigateur de cette guerre, celui qui avait désigné ce champ de bataille où la cavalerie perse pouvait se déployer et déborder l'infanterie athénienne, Hippias disparaît dès ce moment. On croit qu'il trouva la mort à Marathon (490).

La poésie moderne a chanté ce combat glorieux, et il est bon de l'écouter lorsqu'elle s'inspire aux lieux même où tant de sang a coulé pour la liberté. « Le temps, dit Byron (1), a ébranlé les atours d'Athènes, mais elle a respecté les champs de Marathon.

» Rien n'est changé dans cette plaine fameuse, excepté l'esclave qui en creuse les sillons : son terrain est toujours le même ; le même soleil l'éclairé encore, les mêmes limites la bornent. Elle a conservé toute sa gloire, mais un étranger est aujourd'hui maître de ce champ de bataille (2), où les Perses épouvantés courbèrent la tête sous le fer redoutable des Grecs. Jour cher à la mémoire, où Marathon devint un mot magique, tu fais apparaître aux yeux de celui qui l'entend prononcer, le camp des ennemis, les deux armées en présence et les bannières victorieuses !

» Le Mède qui fuit en jetant ses flèches et son arc

(1) Child-Harold, chant II, 88, 89, 90.

(2) Ceci était écrit en 1820.

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brisé, le Grec intrépide et sa lance victorieuse ; les montagnes, la plaine, l'océan, la vengeance et la mort qui combattent pour les Grecs, tel est le tableau qu'offrait Marathon. »

Les Spartiates, qui avaient attendu pour se mettre en route la pleine lune, ou peut-être la défaite des Athéniens, arrivèrent deux jours après la bataille. Ils louèrent sincèrement la valeur des combattants, mais purent comprendre que c'en était fait pour eux de la suprématie sur la Grèce.

Les Perses pouvaient revenir. Il fallait leur fermer la mer Egée. Miltiade fit dans ce but une expédition contre Parcs, oii il échoua. Il fut accusé d'avoir ruiné le trésor public et causé la mort d'un certain nombre de citoyens. Retenu chez lui par une blessure qu'il avait reçue pendant le siège, il ne comparut pas, fut condamné à une amende de cinquante talents et mourut quelques jours après. Gimon, son fils, paya son amende. Le peuple rendit au héros mort la justice dont il s'était montré avare pendant sa vie. Il lui éleva un tombeau séparé dans la plaine témoin de ses exploits, et le Pœcile présenta à la postérité son image au milieu d'un groupe de demi-dieux et de héros (489).

Une victoire si glorieuse augmentait le danger de la Grèce. C'était désormais, comme autrefois devant les murs de Troie, un long duel entre la barbarie asiatique et la civilisation grecque (1). Darius fit des préparatifs immenses. Les diverses parties de son vaste empire fournirent des hommes, des chevaux,

(1) Grœcia Barbanx lento collisa cluello. Horace, Épitres, 1. II, vers 7.

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