CHAPITRE III
des armes, des vivres, des bagages, des vaisseaux. Il mourut (484) au moment où il allait réprimer une révolte de l'Egypte, et légua à Xerxès sa haine et ses espérances.
3. Les conseils de la sagesse furent impuissants contre Tambition, le désir de la vengeance et les excitations des Pisistratides , des Aleuades, de Mardonius qui ne doutait pas de la prompte soumission de la Grèce, et qui voyait déjà l'empire perse étendu jusqu'aux extrémités de l'Occident. Il fallait de grandes forces pour de pareils projets dont la Grèce était la première étape.
Xerxès fit percer le mont Athos et établir un double pont d'Asie en Europe, au point le plus rapproché du détroit. Il y fallut de nombreux vaisseaux, d'énormes pièces de bois, du temps et la vie d'un grand nombre d'hommes. Qu'était-ce que tout cela pour celui qui, en punition de ses tempêtes, faisait jeter des chaînes dans la mer?
Le passage en Europe dura sept jours et sept nuits. Hérodote compte dans cette multitude dixsept cent mille fantassins , quatre-vingt mille cavaliers, vingt mille hommes montés sur des chars ou des chameaux, et, avec les matelots, les soldats des trirèmes, les alliés et les valets attachés au service de l'armée, un total de cinq millions.
Toute l'Asie s'était donné rendez-vous pour inonder et soumettre l'Europe. Des espions grecs à qui Xerxès avait permis de parcourir son camp, firent des récits propres à répandre la terreur. Des négociations secrètes suscitaient des défections que de
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vieilles rivalités préparaient, et qu'un intérêt présent déterminait. Une ville se mit alors résolument à la tète de la Grèce, et lui inspira au milieu d'une attente inquiète l'énergie qui devait la sauver.
« Cette opinion, dit Hérodote (1), pourra déplaire ; mais je ne puis la taire, parce que je la crois vraie. Si les Athéniens, en effet, se fussent retirés ou soumis, nulle marine n'eût été capable de protéger les côtes du Péloponèse qui , assiégé comme une ville par l'immense flotte des Perses, eût succombé malgré l'héroïsme des Spartiates. » Nulle armée n'eût osé en effet affronter cette multitude qui paraissait devoir tout écraser, et la barbarie corrompue de l'empire Perse aurait étouffé le génie de la Grèce.
Les colonies se montrèrent peu disposées à risquer leur existence pour la défense de leurs métropoles. La Crète refusa tout secours , d'autres promirent avec la résolution de ne pas tenir, se réservant, en tout cas, de surveiller les événements. Gélon de Syracuse s'engageait à amener des vaisseaux et des soldats, à condition qu'on lui donnerait le commandement des forces réunies. Hérodote rapporte ("1) les réponses indignées de Sparte et d'Athènes, et les deux villes aimèrent mieux renoncer à cette alliance que l'acheter au prix de leur honneur, a Roi de Syracuse, dirent les députés athéniens, l'Hellade nous a envoyés pour demander une armée et non pas un chef. » On perdait ainsi vingt-huit mille hommes et deux cents trirèmes. La résolution n'en fut pas affaiblie, ni la confiance diminuée. Les oracles annonçaient les plus terribles mal- Ci) VIT. 139. (2) vu, ICI.