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CHAPITRE III

aux Athéniens dont la courageuse intrépidité finit par les mettre en fuite.

« De trois cent mille Barbares, ditPlutarque (1), il ne s'*en sauva que quarante mille, sous la conduite d'Artabaze. Du côté des Grecs qui combattirent pour leur patrie, il n'en périt que treize cent soixante, dont cinquante-deux Athéniens, tous de la tribu Aiantide, qui fit des prodiges de valeur selon l'historien Clidème.... Il n'y eut parmi les morts que quatre-vingt-onze Lacédémoniens et seize Tégéates (2). »

Les Athéniens et les Spartiates dressèrent des trophées séparés, ce qui manifestait, au sein même de la victoire, un antagonisme que les circonstances développèrent. Par l'ordre de l'oracle de Delphes, un autel fut élevé à Zeus-Libérateur.Un décret, proposé par Aristide dans une assemblée générale des peuples qui avaient combattu, portait : « Tous les chefs et tous les députés des villes de la Grèce s'assembleront tous les ans à Platées, pour y faire des sacrifices aux dieux : on y célébrera tous les cinq ans des jeux qui seront appelés les jeux de la liberté. On lèvera dans toute la Grèce dix mille fantassins et mille cavaliers, et on équipera une flotte de cent vaisseaux pour faire la guerre aux Barbares. Les Platéens seront consacrés aux dieux à qui ils feront des sacrifices pour le salut de la Grèce (3). »

Le prix de la valeur était réclamé par les Athé-

(1) Aristide, 32.

(2) Ces chiffres ne diffèrent pas de ceux d'Hérodote. II est probable que les historiens perses en donnèrent d'autres. Ce qui est certain, c'est que la disproportion était énorme, et que la victoire en reçoit un plus grand éclat. (3) Plctarqce, Aristide, 39.

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niens et les Spartiates. Leurs alliés hésitaient à se prononcer, parce que l'antagonisme était violent, et l'on craignit même un moment que ceux qui avaient combattu pour une cause commune n'en vinssent aux mains pour un antagonisme particulier. Gléocrite de Corinthe proposa de terminer le débat en choisissant les Platéens, dont la ville donna son nom au combat, et dont le courage était l'objet de l'admiration de tous. Aristide pour les Athéniens, et Pausanias pour les Spartiates, firent adopter cette résolution (1). Vingt talents furent prélevés sur le butin pour l'érection dans Platées d'une statue d'Athéna.

Le même jour, la flotte grecque attaquait auprès du promontoire de Mycale les vaisseaux perses et les forçait à se jeter à la côte. Les Grecs débarquèrent et poursuivirent avec vigueur les fugitifs que protégeaient soixante mille soldats qui occupaient l'Ionie. La dernière armée de Xerxès périt presque tout entière. Les rivages de l'Ionie furent témoins, comme ceux de la Grèce, de ce suprême et victorieux effort. Les premiers succès avaient assuré l'indépendance des villes qui venaient de montrer qu'elles en étaient dignes. Le dernier rejetait les Perses en Asie, et donnait à cette marine qui venait de naître la domination de la mer Egée.

Quelques cités avaient oublié leur devoir en suivant les Perses. Le plus grand nombre s'était montré prêt à tous les sacrifices pour défendre

(1) Chaque peuple s'était d'abord adjugé le premier prix, donnant le second à Thémistocle, ce qui était reconnaître sa supériorité. Les Spartiates firent un partage égal. Ils donnèrent à Eurybiade le prix de la valeur, et à Thémistocle celui de la sagesse. (Voir Plutarqde, Thémistocle, 21.)

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