‹ Les institutions d'AthènesChapitre 92 sur 335 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

l'honneur et la liberté. Sparte et Athènes avaient dirigé la politique, commandé les armées, donné l'exemple du courage et assuré la victoire.

Leur gloire était pourtant inégale. « Les Athéniens, dit Hérodote (1), ont été les libérateurs de la Grèce. » Tout en tenant compte des droits anciens des Spartiates, et sans se prévaloir des avantages que leur donnait une initiative dont la Grèce recueillait les bienfaits, ils avaient, en effet, conduit la guerre. Plus qu'aucune cité , ils avaient souffert de ses rigueurs, et s'ils formaient un peuple, ils ne trouvaient sur le sol où fut Athènes que des ruines. Leur génie était aussi souple que celui de Sparte se montrait inflexible, et tous les peuples, quelle que fût leur forme gouvernementale, pouvaient faire avec eux une alliance utile. Est-il étonnant qu'ils aient eu dès cette époque, sinon réellement, du moins moralement l'hégémonie de la Grèce?

Cette guerre si glorieuse et si patriotique eut pourtant des conséquences que Barthélémy expose en ces termes (2) : « Les mœurs reçurent l'atteinte funeste que le commerce des étrangers, la rivalité de puissance ou de crédit, l'esprit des conquêtes et l'espoir du gain, portent à un gouvernement fondé sur la vertu. Cette foule de citoyens obscurs qui servaient sur les flottes et auxquels la république devait des égards puisqu'elle leur devait sa gloire, contractèrent dans leurs courses les vices des pirates ; et, devenant tous les jours plus entreprenants, ils dominèrent dans la place publique et firent passer l'autorité entre les mains du peuple. »

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