‹ Les institutions d'AthènesChapitre 94 sur 335 · DEPUIS L'HEGEMONIE JUSQU'A LA FIN DE LA GUERRE DU PELOPONESE · texte numérisé non relu

DEPUIS L'HEGEMONIE JUSQU'A LA FIN DE LA GUERRE DU PELOPONESE

L'hégémonie d'Athènes.

1. Trois hommes, Miltiade, Aristide et Thémistocle, ont conquis et justifié la suprématie d'Alhènes. Miltiade était mort, ne pouvant faire oublier, par les souvenirs de Marathon, l'amertume d'un échec devant Paros. Thémistocle avait l'ambition de relever Athènes, et d'en faire une citadelle appuyée sur la mer et dans laquelle l'indépendance fut assurée de trouver son refuge. Sous son inspiration, tous les Athéniens, négligeant de mettre à l'abri leurs familles, travaillèrent avec une ardeur que rien ne put ralentir, à rebâtir les murs.

Sparte s'alarma et se plaignit. Le Péloponèse était la citadelle de la Grèce, et il ne devait y avoir en dehors aucune ville fortifiée. Thémistocle, chargé d'aller à Sparte plaider la cause d'Athènes, recommanda de redoubler d'activité, voyagea lentement,

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prétendit devant le Sénat, les éphores et l'assemblée que la plainte n'était pas légitime, et obtint que des ambassadeurs Spartiates fussent chargés de se rendre compte par eux-mêmes de l'état des travaux. Il avait donné le conseil de les retenir comme otages. Il fit alors connaître la vérité. Sparte, trompée, accepta les faits accomplis et conserva ses rancunes.

Elle voulait exclure du conseil amphictyonique les peuples qui étaient restés neutres dans la guerre contre les Perses, ou avaient fait alliance avec eux (1). Thémistocle fit rejeter cette proposition, qu'il regardait comme impolitique et propre à entretenir des rivalités ou des défiances entre des peuples à qui l'intérêt commandait de rester unis. C'était un second grief.

La construction et la défense du Pirée et de Munychium qui pouvaient recevoir une flotte nombreuse, l'augmentation annuelle de vingt trirèmes, les avantages ofterts aux ouvriers étrangers que l'on dispensait de tout impôt, afin de les attirer ou de les attacher à Athènes (2), aigrirent encore les Lacédémoniens.

Les deux villes se trouvèrent en désaccord pour la conduite à suivre à l'égard des colonies ioniennes. Sparte leur conseillait d'abandonner l'Asie et de venir s'établir sur le territoire des peuples qui s'étaient montrés, pendant la guerre, infidèles à la Grèce.

(1) Il s'agit du conseil amphictyonique qui comprenait : les Thessaliens, les Béotiens, les Doriens, les Ioniens, les Perrhébiens, les Magnètes, les Locriens, les Œtéens, les Achéens, les Phocidiens, les Dolopes, les Maliens. Leur réunion avait lieu à Delphes ou aux Thermopyles. Ils devaient veiller au trésor de Delphes et aux intérêts de l'oracle d'Apollon. Il y avait deux députés par peuple.

(2) DiODORE DE Sicile, XI, ch. XLI.

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