‹ Les institutions d'AthènesChapitre 97 sur 335 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

également disposé à recevoir vos bienfaits, si votre ressentiment est calmé, ou à le détourner, s'il dure encore. Mes ennemis eux-mêmes seront témoins des services que j'ai rendus aux Perses : que mon malheur vous serve donc à faire éclater votre vertu plutôt que votre vengeance. L'une sauvera la vie à un suppliant qui vient se livrer à vous; l'autre perdrait un ennemi déclaré des Grecs (1). »

Le roi l'accueillit bien, lui fit donner les deux cents talents promis par Athènes à celui qui le livrerait, lui demanda ce qu'il pensait de la Grèce, et l'admit dans son intimité. Les satrapes lui tendirent des embûches afin de se débarrasser d'un rival, et plusieurs fois il craignit d'avoir perdu les bonnes grâces d'Artaxerxès.

La révolte de l'Egypte, soutenue par les Athéniens, obligea le roi à faire une expédition dont il voulut donner le commandement à Thémistocle. Mais soit qu'il ne crût pas au succès des armes des Perses, soit que plutôt il ne pût se résoudre à combattre contre sa patrie, le héros de Salamine s'empoisonna. D'après d'autres, il serait mort à temps pour sa gloire, sans avoir eu recours à cet acte que l'antiquité tout entière a loué chez ses héros, et qui était « une grande commodité pour l'héroïsme, chacun faisant finir la pièce qu'il jouait dans le monde, à l'endroit oij il voulait (2), » Ce n'est pas ainsi que parle la morale.

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