Cependant Athènes continuait la guerre. En
(1) Plutarque, Thémistocle, 33.
(2) Montesquieu, Grandeur et Décadence, XII.
476, Cimon, fils de Miltiade, prit Eion en Thrace, aux embouchures du Strymon , et en fit une colonie athénienne. Il s'empara de Scyros, où il établit des colons qui préparèrent l'influence de la mère patrie dans la partie septentrionale de la mer Egée.
A la suite de la révolte de Carystos en Eubée et de Naxos, qui furent rudement châtiées, les villes de la confédération comprirent qu'il ne dépendait plus d'elles de s'y soustraire. Les alliés obtinrent cependant de transformer en redevances pécuniaires les secours d'hommes et de vaisseaux auxquels ils étaient tenus.
Plutarque croit que Cimon se prêta volontiers aux désirs des alliés. « Il recevait, dit-il (1), de ceux qui ne voulaient pas faire le service militaire de l'argent et des galères vides ; il souffrait qu'amorcés par les charmes du repos, ils restassent tranquilles dans leurs foyers, et que leur imprudence et leur luxe fissent de bons soldats, des laboureurs et des commerçants timides. Au contraire, il faisait monter tour à tour les Athéniens sur les galères des alliés, et, les ayant aguerris par des expéditions fréquentes, il arriva que, grâce à ces contributions et à la solde payée par les alliés , les Athéniens devinrent les maîtres de ceux qui les soudoyaient. » Cimon aurait pris ainsi l'initiative d'une mesure agréable aux alHés et utile à Athènes.
Athènes, du reste, ne manquait pas à ses engagements. Elle chassa les Perses de la Lycie et de la Carie, après avoir battu leur armée sur terre, et détruit quatre-vingts vaisseaux phéniciens qui accou-
(1) Plutarque, Cimon, 15.