‹ Les institutions d'AthènesChapitre 99 sur 335 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

raient à leur secours {A66). Elle les attaqua également en Thrace et leur enleva toutes leurs places, excepté Doriscos. Les riches mines qui appartenaient à Thasos restèrent aux Athéniens, après une victoire navale et un long siège qui livra la ville à Cimon(463). Cimon reçut alors des témoignages précieux de la reconnaissance des Athéniens. Trois Hermès en marbre furent élevés avec des inscriptions qui célébraient les services rendus. Le nom de Cimon ne s'y trouve pas, mais personne n'ignorait qu'on avait voulu ainsi honorer sa valeur. « Pourquoi donc, se demande Plutarque, cette distinction singulière dont on récompense les exploits de Cimon? Ne serait-ce pas que, sous les autres généraux, les Athéniens avaient combattu pour sauver leur patrie, et que Cimon, ayant porté la guerre chez les ennemis , s'était emparé d'une portion de leur territoire (1)? » Cette distinction est bien dans le génie de ce peuple sensible aux nuances les plus délicates, et qui cherchait en tout ce qu'il y avait de plus raffiné.

Cimon était alors Tépée d'Athènes, mais les exigences de la démocratie l'obligeaient à vaincre toujours. Il échoua dans une expédition faite en Thrace pour venger des colons athéniens qui avaient été massacrés, et dut subir un jugement dont l'issue est restée douteuse.

Il n'était pas seulement général. Administrateur actif et vigilant, il continua les murs d'Athènes, et travailla à l'embellissement de la ville, achevant l'œuvre de Thémistocle et préparant celle de Périclès. Il décida sa patrie à secourir Sparte qu'un tremble- Ci) Plutàkqce, Cimon, 10.

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ment de terre avait presque complètement ruinée {^66), et que les Messéniens, unis aux hilotes, menaçaient dans son existence. Il la croyait nécessaire à l'équilibre de la Grèce, et le service qu'il prétendait rendre à sa patrie en lui conservant une rivale utile, devint un motif d'accusation. Il en est toujours ainsi pour ceux dont les vues dépassent les conceptions du vulgaire, et dont le patriotisme est exempt de passion.

Les Spartiates ne furent pas plus justes à son égard que ses compatriotes. Ils avaient compté sur lui pour comprimer la révolte et l'étouffer dans son dernier refuge. Leurs espérances furent trompées; il ne réussit pas au siège d'Ithôrae, et les Spartiates, qui croyaient peu à la sincérité de ce secours, le renvoyèrent en l'outrageant. Athènes, pour se venger de sa rivale, s'allia avec la Thessalie et Argos; elle mit une garnison dans Mégare et occupa ses deux ports.

La politique de Ciraon était désavouée. Il poursuivait par tous les moyens la prépondérance morale de sa patrie, et se montrait opposé à toute acquisition nouvelle de territoire. A l'intérieur, il défendit l'aréopage à qui Ephialte venait, pour plaire à la démocratie, d'enlever une partie considérable de sa juridiction. C'était, il le savait, s'attirer des rigueurs. Il fut puni par l'ostracisme (461).

Athènes poursuivait la Perse de sa vengeance. Elle encourageait partout les révoltes et les soutenait de ses armes en Cypre, en Phénicie, en Egypte. Sa flotte parcourait toutes les côtes, et le sang de ses enfants payait les succès de sa politique.

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