‹ Les institutions de l'ancienne Rome (volume 3)Chapitre 13 sur 31 · PORTIQUES, AQUEDUCS S · texte numérisé non relu

PORTIQUES, AQUEDUCS S

nicus, et Varea commune à ces deux temples.

Ce portique formait un parallélogramme à double rang de colonnes, dont on fait monter le nombre à 270, et il était décoré de statues et de peintures. Il était sans doute couvert en bois, puisqu'il fut, dès le premier siècle, détruit par un incendie. Il en subsiste encore des restes qui permettent de reconnaître une des principales entrées : celles du dedans et du dehors se correspondaient par une décoration semblable, formée de quatre colonnes cannelées en marbre blanc et de deux pilastres d'ordre corinthien, soutenant une corniche que surmontait un fronton ; quelques colonnes de ce portique sont encastrées dans des murs de maisons (1). Ce portique était bâti sur le bord d'une plate-forme oblongue, avec une fontaine à chaque angle, Au centre de la plate-forme, il y avait une construction que l'on reconnaît avoir été carrée, avec un carré plus petit en dedans et un cercle à l'iatérieur. (2)

Cette magnificence était assurément inouïe dans Rome ; mais la construction d'un portique

(1) Nibby Itinerario, p. 419-20. — La restitution publiée par M. Duruy (T. IV. p. 245) nous montre Tordre corinthien dans les colonnes de la façade et dans celles des galeries ; la façade est élevée sur un stjlobate de trois degrés.

(2) Voy. dans Parker, The Via sacra in Rome, p. 86 (suite du Forum Romanum.) Les deux ensemble forment le second toI. de VArohœology of Rome,

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n'y était pas une création nouvelle de Tart.

De même les aqueducs et la basilique (i) qui appartiennent à cette époque n'offrent que des applications nouyelles de systèmes connus ; une application plus hardie était F entreprise qui^ un peu avant la bataille d'Actium, avait amené à Rome r^ qua Julia par un canal superposé à VA qua Tepula, superposée elle-même à VAqtui Marcia; deux autres canaux encore amenèrent dans d'autres quartiers T-Ag'wa Virgo eiVAqua Alsietina (2), et il ne faut pas oublier que ces grandioses et utiles travaux ne furent pas bornés à la capitale. On en a trouvé en Espagne comme en Italie, dans l'Asie mineure comme dans la Gaule ; là oii le conduit était élevé au-dessus du sol, il était construit soit en pierres, soit en maçonnerie, et revêtu d'un enduit de chaux et de sable, mêlés de tuiles pilées ou de cailloux de petite dimension, que l'on appelait op'us signinum. Certains d'entre ces monuments ont quelque chose de gigantesque. L'aqueduc de Ségovie, construit en pierres de

(1) Voy. pour la Basilique Julia, la fin du § !•' du présent chapitre.

(2) Voy. les pages 339 et 341 du Dictionnaire de Daremberg et Saglio. L'auteur de cette étude, M. C. Thierry, ajoute : « Deux aqueducs plus importants encore, VAqiM Claudia et l'Anio Novus, furent ajoutés aux sept que Rome possédait déjà : L'un et l'autre furent commencés sous Caligula et achevés sous Claude. » Voy., dans Duruy, T. IV p. 407, le dessin de l'un de ces aqueducs»

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taille sans ciment, a 66" de haut ; il est à deux rangs d'arcades superposées, qui n'ont pas moins de 5%72 d'ouverture ; celui de Nîmes (le fameux pont du Gard) s'élève sur trois rangs d'arcades (1).

Enfin des arcs de triomphe furent élevés, en divers endroits, pendant le siècle d'Auguste ; mais ces arcs étaient devenus un motif général d'architecture commémorative : ce n'était plus essentiellement un monument de victoire. L'arc de Rimini fut élevé en souvenir de la réparation des routes d'Italie, et spécialement de la voie Flaminia, dont l'empereur s'était réservé les travaux ; c'est ce que constate l'inscription qu'on lit encore sur le fronton de l'arc (2). Il n'a maintenant qu'un forniœ (porte voûtée) ; mais il paraît qu'on y remarque certains vestiges d'arrachements d'arcs latéraux (3), et que par conséquent il y avait trois portes. Il en est certainement ainsi de l'arc d'Orange (la porte centrale étant de beaucoup la plus haute et la plus large] ; mais ceux d'Auguste à Suze, celui de Drusus et même celui de Titus à Rome, décoré des trophées de son triomphe sur les

(1) Ihid. p. 340-2 Duruy; IV. p. 424; cf. 59.

(2)Voy. Borghesi, Sulle medaglie di Xyguilo^ rap^ presentanti l'aroo di Riminû (Tome II det (Euvret complètes p. 361-3; les^teztes [de Suétone et de Dion- Cassiusjsont donnés.

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Juifs, n'ont réellement qu'une porte. L'arc d'Orange est le seul de ceux-là qui soit décoré d'un fronton. Pour les colonnes adaptées à la façade, on préférait Tordre corinthien ; l'arc de Suze est le seul oii l'on remarque une frise enrichie de sculptures compliquées et bien conservées. C'est aussi le seul qui, en raison de son épaisseur, ait quatre colonnes sur les côtés, outre les quatre colonnes de face. Tous d'ailleurs sont surmontés d'une haute architrave; c'est là qu'on posait l'inscription (1).

(1) V. les dessins dans Duniy T. III p. 185, et IV p. 53, U9, 325; 635, cf. Nibby, p. 181-2, 456-7. Borghesi faitre- «Mrquer, p. 366, à propos de Tare du pont MIItIus, qui lÉt paraît reproduit sur une médaille, qu'il est à deux •tvertures, pour les voyageurs dans les deux directions, et qu'il en est ainsi de plusieurs portes romaines. On en voit un exemple, pour Rimini, dans Duruy, p. 328.

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