X^es Temples
Nous n'avons pas à revenir sur le Capitole, qui représente l'art romain aux temps voisins du passage de la royauté à la république et par conséquent à l'époque oti l'influence étrusque a été le plus prononcée. L'action prolongée de l'Etrurie sur la religion des Romains^ du moins en ce qui concerne le culte, nous autorisa à penser que l'art religieux conserva lef mêmes principes durant les siècles dont nous parlons à cette heure ; il convient en conséquence d'attribuer aux temples nombreux qui furent élevés dans Rome durant la période républicaine, antérieurement à l'invasion de l'art grec, les règles posées par Yitruve pour l'architecture des édifices sacrés conçus dans le style étrusque, et dont il a été dit quelques mots dans les pages précédentes.
<K La largeur de ces temples, dit^il (1), doit > être les 5/6 de leur longueur. Celle-ci est
(1) De Architectura IV, 7. La colonne toscane avait 7 diamètres de hauteur, nous dit Pline (HUu nat,^ XXXVI, 56).
L'AHGHITBGTURB ROMAIMB du T* au II* SlàCLB 57
» divisée en deux parties : Tune à Fintérieur » pour les Cellœ ; Tantre plus près de la façade, » pour un système de colonnes. Si Ton divise la » largeur en 10 parties égales, 3 à droite et » autant à gauche seront réservées pour les » Cellœ minores ou Alœ (1), les 4 autres pour la » division du milieu. Dans le Pronaos, devant » les Cellœ, les colonnes doivent être disposées » de telle sorte que celles des angles correspond » dent aux antes de l'extrémité des murs. Deux cor- » pondent aux parties du mur qui vont de » chacune des antes à la cella du milieu.... La 30 hauteur du temple doit être inférieure d*un » tiers à sa largeur, et les colonnes d'un quart » moins épaisses au sommet du fût qu'à la partie » inférieure.... La hauteur du chapiteau sera la » moitié de son épaisseur, et la largeur de 3» l'abaque sera celle du fût, dans sa partie la » plus inférieure..,. On posera sur les colonnes » des poutres formées d'une réunion de solives... » Au-dessus des poutres et des parois, à la » hauteur d'un quart de colonne, seront des » rangs des modiUons (2) en saillie; sur » le parement, des chambranles (3) surmontés
(1) Ce dernier terme n'est pas communément employé en parlant des temples.
(2) Ornement en S> ûgurant l'extrémité des cheyr^ns,
(3) Cadre formé d» deux montants et d'uae trayerse.
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» d'un tympan (1), et au-dessus, le comble et les » chevrons. »
< Les autels, dit encore Vitruve, au chapitre » suivant, doivent regarder l'orient et être » placés plus bas que les statues renfermées » dans le temple, aûn que ceux qui font les » supplications et les sacrifices élèvent le regard » vers la divinité. »
Je ne sache pas qu'il reste nulle part de temple romain antérieur au siècle de César, bien que Tite-Live en cite un grand nombre, a Les auteurs anciens, dit M. Beulé (2), nomment trente et un temples bâtis par la république avant la conquête de la Grèce; ce nombre sera au moins doublé, si l'on considère ceux qu'ils ont dû omettre, puisqu'ils ne citent les monuments qu'incidemment^ pour préciser une date, alléguer un fait, encadrer un récit. »
Presque jamais aucun détail n'est énoncé sur le style de ces vieux édifices. Vitruve dit seulement que le temple de Jupiter, dans l'île du Tibre, est prostyle ; que celui de l'Honneur et
de la Vertu n'a point de posticum (opisthodome) ; qu'à Rome, il n'existe point de temple dont la cella intérieure n'ait pas de toit (3) ; enfin que le temple d'Apollon et Diane est diastyle, l'entre-
(1) Espace encadré par trois corniches .
(2) Ubi supra^ § !•', vers la fin.
(3) L. m, ch. !•».
l'àhchitegturb romaine du V« AV !!• SièCLB 59
colonnement ayant la dimension de trois épaisseurs de colonnes (1). Tite-Live (2) parle aussi d'un temple rond d'Hercule, dans le forum Boarium, à propos d'une indication topographique, sans dire à quelle époque il fut construit. Il n'explique pas non plus le scrupule rituel qui imposa la construction de deux cellse distinctes, quand, vers la fin de la seconde guerre punique, on éleva l'édifice voué par Marcellus à THonneur et à la Vertu (3). Ces faits ne sont pas sans intérêt, mais ne représentent point l'histoire d'un développement quelconque de l'architecture romaine. Il me semble qu'il faut, pour cette période, en revenir au mot de M. Beulé : c Le temple,.... les Romains le copient servilement, en Etrurie d'abord, plus tard en Grèce. Les dieux sont satisfaits, les rites observés, cela suffit. » Il n'y a pas même, dans la langue latine, d'expression spéciale et générale pour représenter un grand édifice religieux. A proprement parler, Templum signifie autre chose, ainsi que nous l'avons vu dans la troisième partie de ce travail (4) .
§ 3. — l^es Maisons.
Quant à l'architecture privée, elle n'existe pas
(1) Ibid, 2.
(2)X,!fâ.