XXVII
chez les Romains, comme œuvre d'art, jusqu'à Tavant-dernier siècle de la république.
Privatus illis census erat brevis, Commune magnum: nulla decempedis
Metata privatis opacam
Porticus excipiebat arcton,
comme le dit Horace au second livre des Carmina(l). Si l'on peut n'attribuer qu'aux huttes des premiers habitants de Rome et du Latium la forme des vases funéraires, carrés ou cylindriques et coniques, qui manifestement représentent des demeures de vivants (2), on ne peut nier que, pendant de longues générations, sénateurs et clients n'aient vécu, comme le vieil Evandre, angusti subter fastigia tecti. L'Atrium, dit M. Saglio, (3), « était probablement l'unique pièce des habitations primitives de l'Italie ; ce fut la principale encore de celles que Ton construisit par la suite. » On appelait atrium tuscanicum celui qui était éclairé par en haut, au moyen d'une « ouverture carrée (compluvium) pratiquée dans le toit, dont les pentes étaient inclinées vers l'intérieur, de manière à verser les eaux dans un bassin (impluvium) placé au-dessous....
(1) Ode lam ^auoa aratro.
(2) Voy. le Liov des Ant. grecques et rom, p. 530 et 984) et Duruy, T. I, p. 31.
(3) Id. Ibid.
l'architecture romaine du V« au n« SlèCLB 61
D'après l'opinion aujourd'hui la plus généralement acceptée, ce nom (^atrium) vient de ater^ à cause de l'aspect sombre de ces intérieurs peu éclairés et noircis par la fumée, qui s'échappait par l'ouverture du toit. » (1) U Atrium portait aussi le nom de Cavœdiimi ou Cavimi œdium que Varron définit ainsi : cavum œdium dictus qui locus tectus intra parietes relinquebatarpatulus, qui esset ad commu/nem omnium usum ; ce qui rentre un peu dans la définition précédente. L'auteur latin distingue du tuscanicumy décrit comme nous venons de le voir, la testudo, qui n'avait en haut aucune ouverture, et il ajoute que cet atrium était entouré de pièces distinctes par leur usage et leur nom : ubi quid conditum esset cellam appellarunt, penariimi ubi penus, ubi cubabant cuhiculum vocitabant. Depuis, ajoute-t-il encore, on a transporté la salle à manger à un étage supérieur. On voit, par l'emploi du passé, que la disposition qu'il vient de décrire appartenait à des siècles antérieurs ; Varron en cite, comme des exceptions, des exemples qui en subsistaient encore (2). Nous apprenons de Vitruve (3) que l'Atrium tuscanicum de son temps était traversé, dans sa largeur, par des poutres croisées de solives.
(1) Id. ïbid.
(2) Id., p. 981 ; V. aussi Varron, auquel renvoie M. Sar glio, de Lingua lat V. 16t-2.
La simplicité des demeures priréei subsista longtemps. C'est à l'orateur Crassus, dans la génération qui a précédé celle de Pompée, que Pline (1) attribue le premier emploi du marbre étranger pour décorer une habitation romaine ; encore ne demanda-t-il au mont Hymette, pour sa maison du Palatin, que six colonnes de douze pieds. Etait-ce dans la décoration d'une façade ou dans celle d'un atrium corinthien, que Vitruve (ubi supra) nous fait entendre que les colonnes servaient à soutenir des poutres en saillie des murs (a parietibus recedentes in circuitionem circa columnas componuntur) ? l'auteur ne nous l'apprend pas. L'exemple donné fut d'ailleurs suivi et dépassé avec une rapidité vertigineuse, et les maisons de la noblesse ne différèrent guère moins de celles des premiers temps de Rome par leurs dispositions intérieures (2) que par le luxe de leur décoration.
(1) Hist. nat, XXXVI, 3.
(2) V. infra, chap. V.
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