‹ Les institutions de la police en PerseChapitre 13 sur 19 · Inspection des ^immis (juifs et chrétiens · texte numérisé non relu

Inspection des ^immis (juifs et chrétiens

40. Inspection d'autres choses qui regardent les fonctions de la hisba tn général et en particulier.

NEUVIÈME LEÇON [Suite et fin.)

A. — La Police des routes dans le Sud, L'organisation actuelle, .

J'ai fait étudier l'année dernière par la Commission de la Carte administrative et du Budget provincial, créée au Ministère de Tlntérieur par décret du lo septembre 191 1, la réorganisation administrative de la région du Fars. Une brochure blanche publiée en langue persane et en langue française par les soins du Gouvernement Impérial Persan résume les travaux de la Commission qui a étudié et exposé la question des Tribus, la situation politique générale du Sud de la Perse, le rôle la Gendarmerie Gouvernementale sur les routes du Sud et les Réformes administratives proposées. Cette étude est accompagnée d'un projet de budget et de deux cartes représentant l'une les mouvements de migrations des tribus, l'autre la carte du Sud réorganisé administrativement.

Je vous renvoie à cet ouvrage qui a été également publié à Paris dans la Revue du Monde Musulman ^ n»« 23 et 24. Vous y trouverez tout ce qu'il vous importe de connaître sur les tribus Ghachghaïs, Khamseh, Kouhguilouyés, Mamassanis et Arabes de la région. Vous y trouverez également un exposé de la situation politique générale du Sud sous le Gouvernement de Nézamos-Saltaneh et l'Ilkhanat de Soulet-ed-Dowleh, ainsi que pendant l'intérim de Ghavamol-Molk et de ZeTghamed-Dowleh en 191 1.

La deuxième partie du même ouvrage contient une notice géographique, une notice économique de la région du Fars, un historique administratif, un exposé de l'administration actuelle et des réformes que la Commission de la Carte a proposées au Gouvernement Impérial Persan. Je ne saurais trop vous recommander, ainsi qu'au Gouvernement d'ailleurs, la lecture et l'étude de ce travail qu'il vous est indispensable de connaître si vous voulez bien comprendre les détailsqui vont suivre sur la police des routes du Sud de la Perse, question essentielle et vitale pour votre pays.

Les principales routes du commerce international en Perse sont : i** la route Ispahan-Chiraz, celle-ci se subdivise en deux branches : l'une passant par Debbid-Âbadeh, l'autre passant par Maine-Oudjan ; 2'' la route de Chiraz à Bouchir ; 3* la route de Chiraz àBender-Abbas ;4**la route de Bender-Abbas à Kerman; 5* la route Lynch, Bakhtyari, Ispahan-Ahwaz ; et 6^ la route Ispahan- Behbéhan- Ahwaz.

Pendant ces deux dernières années, toutes ces régions des Bakhtyaris, du Kouh-Guilouyeh et de Mohammerah ont été profondément troublées par les rivalités des Bakhtyaris et des Arabes de Mohammerah qui se disputaient la propriété de certains villages autour de Dizfoul et de Chouster. Les compétitions des Bakhtyaris sur la région de Behbéhan, c'est-à-dire du Kouh-Guilouyeh, augmentèrent encore l'état de trouble et d'anarchie dans ces régions, où passe la route Ispahan-Behbéhan-Ahwaz.

D'autre part, la situation précaire et très menacée de Sovlat-ed-Dovleh, mis en minorité auprès de ses tribus par les intrigues de Gbavamol-Molk et les rivalités très aiguës des propres frères de Sowlat-ed-Dowleh, compromirent gravement la sécurité des affaires et du commerce sur les reutes Ispahan-Chiraz et Chiraz-Bouchir. Enfin la route de Bender-Abbas-Kerman fut profondément troublée comme tout le reste de la région du Sud par les insurrec-

tiens des Khans de Djiroft et Roudbar, assistés des tribus Afchaïs et des Bouchaki contre le Gouvernement d*Amiré- Azam.

De grands ravages furent commis autour de Baft, et de nombreux villages furent pillés près de Si rdjan. La confusion fut portée à son comble, et le commerce fut rendu impossible. Les affaires furent entièrement paralysées par le manque de sécurité.

La question se posa donc d'organiser sur les routes du Sud un système de police pouvant rendre au commerce, si gravement compromis, la liberté et la sécurité dont il avait besoin. Il fallait aussi mettre un terme, notamment sur la route de Bouchir-Chiraz et de Chiraz-Abadeh,aux contributions énormes levées par les chefs locaux, sur le passage des caravanes, sous la forme de transit et autres droits exorbitants, perçus sous le nom général de Rahdari.

Cest l'organisation générale et actuelle de cette police dans le Sud que nous allons étudier maintenant.

I. — Organisation de la Police des routes sur le pays Bakhtyari.

A la suite des événements auxquels il vient d'être fait allusion dans le Pays Bakhtyari, le Sardar-Assad proposa, le 10 juillet 1912, différentes mesures, destinées à rétablir Tordre dans la région Bakhtyarie et sur la route Ahw-az- Ispahan : Sardar Djeng et Morteza Gholi Khan, fîls de Samsamos-Saltaneh, furent proposés, le premier comme Ilkhani, le second comme Ilbagui du pays Bakhtyari, avec pleins pouvoirs et autorité absolue.

Acte du 24 Radjab i33o, —* La nomination de Sardar Djeng comme Ilkhani est datée du vingt-quatrième jourde

Radjab i33o. Elle a été faite par Samsamos-Saltaneh, ancien Ilkhani, et par les grands Khans Bakhtyaris.

Sardar Djeng, gouverneur en chef du Pays Bakhtyari, se trouve investi d'une autorité absolue sur le Tchahar- Mahall et sur le Kouh-Guilouyeh à partir de Tannée Sitchkan-il i33o jusqu'à la fin de Tannée Oud-il i335, pour une durée de cinq ans.

Morteza-Gholi Khan, fils deTancien Ilkhani Samsamos- Saltaneh, doit l'assister en qualité d'Ilbagui.

Pour maintenir Tordre dans les tribus Bakhtyaris et Tchahar-Mahall, Sardar Djeng et Morteza-Gholi Khan pourront donner les ordres qu'ils voudront, infliger des punitions et des pénalités aux Khans mineurs, aux Chefs et aux Bakhtyaris. Ils pourront les révoquer, leur garantir ou leur reprendre leur salaire. Tous les ordres qu'ils donneront pendant ces cinq années seront réguliers, ils auront la force exécutoire, devront être approuvés et ne pourront être révoqués. Sardar Djeng et Morteza-Gholi Khan percevront tous les revenus du pays Bakhtyari et de Tchahar-Mahall, c'est-à-dire l'impôt sur les troupeaux de Faraïdan et Tchahar-Mahall, l'allocation payée par la compagnie pétrolifère et les péages des routes et des ponts. Ils régleront les dépenses pour les affaires intérieures des tribus, pour la garde des routes, pour la réparation des ponts, et pour l'amélioration des chaussées des caravanes.

Sur les Maliat (impôts) du pays Bakhtyari et de Tchahar- Mahall, il est bien entendu que Sardar Djeng et Morteza- Gholi Khan payeront chaque année les salaires des employés du Gouvernement, la solde des soldats de Sardar Achdja et de Sardar Bahadour.

Dans le. cas où le Gouvernement impérial réclamerait le compte-balance du Maliat, la famille Bakhtyari sera responsable. Les réclamations éventuelles de la Compagnie Lynch seront payées chaque année par les soins de Sardar Djeng et de Morteza-Gholi Khan.

Un emprunt de 8.000 £ à 7 p. 100 par an est consenti à Sardar Djeng par la banque anglaise. Les fonds sont remis à Sardar Djeng et à Morteza-Gholi Khan qui doivent rembourser chaque année 2.000 £ avec les intérêts. La famille Bakhtyarie s'engagea rembourser en leur lieu et place s'ils viennent à mourir.

Les perceptions d'impôts déjà faites dans le pays Bakhtyari doivent être remises à Sardar Djeng et à Morteza-Gholi Khan, qui pourront les exiger de force et par voie de contrainte.

Sardar Djeng et Morteza-Gholi Khan assureront à Téhéran le payement des soldes et pensions des anciens Ilkhanis et des grands Khans Bakhtyaris.

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