TREIZIÈME LEÇON
I. — Le plan (V organisation de la Gendarmerie gouvernementale dans le Fars.
A. — Je vous renvoie tout d'abord sur ce point au Livre BlanCy texte français, pages 85 à 91, texte persan, pages loi et io(j, ex k\di Revue du Monde Musulman^ n*' 22 de mars 191 3, pages 145 et 149. Voyez notamment les cartes annexées à ces trois publications.
Vous consulterez également avec utilité le premier budget de la Gendarmerie gouvernementale de la province du Fars. Routes : Bouchir-Chiraz-Yezdekhast ; Kenartachti-Chiraz- Baghkan ; et Bouchir-Kemartachti : Baghkan-Yezdekhast. Les chefs-lieux résidences des bataillons, compagnies, sections et demi-sections de Gendarmerie gouvernementale y sont indiqués, ainsi que le développement des dépenses ordinaires et extraordinaires de la nouvelle organisation à ses débuts (i).
Bientôt un budget général de la Gendarmerie gouvernementale pour Tannée courante complétera ce premier essai de budget. Ce budget général est actuellement à l'impression. Nousl'étudierons dès sa publication (2).
(i) C'est ainsi que la Compagnie de Gendarmerie gouvernementale a son chef-lieu à Bouchir, une section à Borassoun et à Kenartachti et une demisection à Almadi et à Daleki, formant un total pour ces cinq centres de 272 hommes et 79 chevaux. D'après le i*' budget, l'effectif total de Gendarmerie sur la route Bouchir-Yezdekhast est de 1.448 hommes et 424 chevaux, pour une dépense annuelle de (.738.240 Icrs.
(2) Cette publication vient d'être achevée {juin 1914).
LES INSTITUTIONS DE LA POLICE EN PERSE lOI
B. — Les résultats de cette organisation ont été rapides, j^u début, il y a eu quelques difficultés, sur la route de Chenar- Rahdar, le 6 août 1912, et à Dachté-Ârdjan en décembre de la même année. Ces difficultés ont été dues à peut-être un peu d'imprudence de la part d'officiers qui n'avaient encore qu'une connaissance imparfaite du pays, de la langue locale, et du système de « guérillas » en usage dans les tribus. Les premières expériences coûtent toujours cher. Mais depuis, les succès de la Gendarmerie gouvernementale ont largement compensé les premières difficultés. Je vous cite le haut fait d'armes suivant qui a eu lieu, il y a trois mois et demi environ, le 29 novembre 191 3.
Traduction du suédois.
Dépêche du capitaine Lundberg au général Hjalmarson.
Ka^éroun, le 2 décembre f9i3.
Le 39 novembre, avant le lever du soleil, avec 5o gendarmes choisis et avec a mitrailleuses, je suis entré dans la passe de Tang-i-Tourkan qui fut prise après 6 heures de combat : 2 gendarmes tués, la blessés. Le 3o, nous avons continué notre marche sur Kazeroun et vers le soir, nous avons pris une forteresse qui se trouvait entre Tang-i-Tourkan et Kazéroun. Au cours de cet engagement, un gendarme blessé. — Du côté ennemi, 9 tués; le nombre des blessés inconnu. Le 1^' décembre avant lé lever du soleil, nous poursuivîmes notre marche en avant, nous emparant d'un jardin puis d'un autre. Le capitaine Killander fit des miracles avec ses deux vieux canons. Ici, comme à Tangi-Tourkan, nous avons remporté une victoire décisive, en prenant d'assaut les positions de Tennemi et en poussant des hourras. Un gendarme tué, 8 blessés. On dit que Tennemi a subi des pertes énormes. Mais on n'a pas pu évaluer ces pertes. Quelques prisonniers pris ont été fusillés. Le soir, une députation est venue de la ville pour demander grâce. Conditions : Soumission complète, promesse écrite de dédommager la Gendarmerie des pillages opérés dans son magasin et dans la caserne.
Il est certain que cette rude leçon profitera non seule-
ment aux habitants révoltés de Kazeroun, mais encore à tous ceux qui dans le Fars ont vécu de vols et de brigandages.
C. — Ces beaux résultats sont dus à ce que les États-Majors de la Gendarmerie ont été rapidement constitués ; à ce que les écoles de gendarmes, de sous-officiers et d'officiers ont exigé des élèves des travaux et des efforts considérables. Des régiments déjà bien instruits ont pu être formés parles officiers suédois, aux prises d'ailleurs avec certains gouverneurs et chefs de tribus, qui ont essayé d'empêcher le recrutement des hommes.
Des cours martiales ont maintenu dans les rangsdesgendarmes une sévère discipline. Le clergé s'est montré favorable aux efforts de la Mission Suédoise ; Tintelligence et le courage persans ont fait le reste ei Ton peut déjà espérer dans le Sud une pacification progressive et prochaine.