CHAPITRE XXXVIII
DE LA PREPARATION POUR RECEVOIR DIGNEMENT l'EU-
charistie; les graces et les avantages qu'elle renferme
De tous les exercices que Ton peut pratiquer, je crois qu'il n'y en a point de plus excellent, de plus divin etde plus assure pouracqu6rir le souverain bien et nous unir 6troitement a lui, que de recevoir souvent, avec un coeurplein de foi et brOlant d'amour, le sacrement du Corps du Seigneur. Une personne demandant a Dieu, par la pri6re, qui pouvait s'approcher d'un si redouta-
blemyslfere, et quand et comment on le pouvait, voici ce que Dieu lui fit connaitre : celui qui n'a point ce qu'il doit avoir, qui desire ce qu'il ne possede pas encore, et qui trouve bon tout ce que jt! fais, me pent recevoir quand il le juge a propos, etil n'eslpas absolument n6cessaire d'altendre qu'il se trouve rempli de I'abondance d'une devotion sensible ; mais qu'il prenne garde, et qu'il considere soigneusement combien estgrande sa volenti, son z61e et son amour envers moi. Je le dis encore une fois, qu'il ne se mette pas beaucoup en peine de ce qu'il sent, mais de ce qu'il veut et de ce qu'il d6sire.
Celui done qui souhaite de s'approcher avec assurance de ce Sacrement doit, avant toutes choses, avoir la conscience pure et netle de tout p6ch6; il doit ensuite porter sa volonl6, son affection et ses d6sirs vers Dieu, en sorte qu'il ne cherche, qu'il ne souhaite, qu'il ne poursuive que Dieu seul et sa grace. Enlin il renoncera a tout ce qui d6plait a Dieu, en soumetlant humblement sa volenti a la volonl6 divine, qui lui doit 6treplus ch6reque toute autre chose. Chacun pourra connaitre combien il est proche de Dieu ou combien il en est 61oign6, parce qu'il sentira que son amour et son respect envers cet auguste Sacrement s'augmenteront par I'usage frequent de la .communion, el que sa crainte filiale ne