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LES STATISTIQUES ETHNIQUES

probabilité, que des pseudo-ethniques, auxquels on ne peut ajouter foi dans l’étude de leur origine. On possède de ce fait deux preuves remarquables. Vers 145 av. J.-C., un certain Aselépiadès, qui était Macédonien lorsqu'il faisait partie des corps de police, devient Crétois en entrant parmi les z4toro.t; vers 115, un vs ëmiyovÿs, Théotimos, fils de Phyléas, est Perse; on le retrouve, vers 103, dans la quatrième hipparchie : il est devenu Mysien”. Plusieurs des ethniques connus au 1° siècle sont ainsi frappés de suspicion*. Il n’en va pas de même pour le nr siècle. Tandis que les ethniques du 1° siècle sont peu nombreux et les origines des soldats peu diverses, précisément parce qu'il y a souvent là une fiction, ceux du ire siècle au contraire représentent presque tout le monde grec et méditerranéen de cette époque; c’est une première garantie. En second lieu, et bien que le hasard préside seul à la conserration de nos sources, la proportion qui existe au 11° siècle entre les diverses nationalités concorde avec les vraisemblances historiques. Enfin, la substitution d’un pseudo-ethnique à l’origine individuelle et réelle ne se constate pas avant 145 avant J.-C., date des papyrus qui concernent Asclépiadès; toutefois, le caractère général de la monarchie et de l’armée s'étant profondément modifié à partir de Philopator, il est prudent de ne pas tenir tous les ethniques pour réels après 221. A ceite con

dition, l'étude des patries des soldats reste possible pour le n° siècle.

Ce n’est pas que la qualité des soldats nominativement connus soit toujours facile à distinguer. La désignation complète d'un soldat comporte : 1° son nom, 2° son patronymique, 3° son ethnique, politique ou démotique; 4° le nom du détachement ou du corps auquel il est affecté, 5° (à titre éventuel) l’indica-

tion de sa classe clérouchique, par eh “2 Li mros Hpaxhedou, Dupandotoc, Ts Tetdotns inrapyiac, EnatovTApoupos". Mais il est

DR STe DEA DAPPRAY MASet 12:

2 Cf. ci-après, pp. 120-2.

Pi Petr. ll; 142, (a), coltur, 118:

extrêmement rare qu’elle ait été donnée ou conservée tout entière; le défaut de précision ou d’exactitude des scribes, la mutilation des textes ont multiplié le nombre des qualifications incomplètes : on ignore souvent si le soldat est régulier ou mercenaire; il faut tirer parti des indications fragmentaires et suppléer aux lacunes. Les noms des éponymes ne sont d'aucun secours ; ils ont eu sous leurs ordres des réguliers, des mercenaires, peut-être même des réguliers et des mercenaires à la fois'. La qualification +%s érryovÿs ne sert pas davantage; les rñs Ervyovas sont bien des fils de clérouques et leur origine est celle de leur père : mais il y a eu des clérouques mercenaires comme des clérouques réguliers". Seule la contenance des x2%p2 donnés aux clérouques permet d'enrichir les listes ethniques d’un assez grand nombre de noms de réguliers; l’importance des tenures a varié avec la considération dont jouissait le service dans les différentes armes et les différents corps; le service dans les mercenaires est moins estimé que le service dans l’armée régulière, et la cavalerie reste l'arme noble; les cavaliers dotés de 109 et 70 aroures, les fantassins dotés de 100 ou de 30 appartiennent à l’armée régulière‘.

Il y à enfin des soldats qu'on doit classer & priori parmi les réguliers en considération de leur origine; ce sont ceux qui portent l’ethnique Mzxe3ov et les citoyens d'Alexandrie ou de Ptolémaïs, inserits ou non dans un dème; parmi les premiers, il y en a dont l’ethnique n’est qu'un substitut de leur démotique d'Alexandrie ou de Ptolémaïs et qui se confondent avec la seconde catégorie; le reste est formé par les Macédoniens d’origine. Bien qu'il n'ait existé aucune obligation militaire pour les citoyens des r5xas égyptiennes en tant que tels, bienque les Macédoniens d’origine aient eu évidemment la liberté de s'engager comme mercenaires, il y aurait eu contradiction à ce que des hommes représentant l’élément national dans

. Chap. Ill, p. 81.

. Cf. ch. V, pp. 156-7.

. Ch. If, pp. 46-71.

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