‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 140 sur 332 · Josèpue, c. Apion, 2, 4; 2, 6; P. M. Mexer, p · texte numérisé non relu

Josèpue, c. Apion, 2, 4; 2, 6; P. M. Mexer, p

les citoyens dans les États de la Grèce à l’époque classique; ils forment en temps de paix avec les citoyens des 75xas la population hellénique ou soi-disant telle du royaume, à laquelle il serait absurde d’interdir le mariage. Les soldats des Lagides ont donc joui de la faculté de se marier. Mais pouvaient-ils épouser une femme de n’importe quelle race et condition? On a pensé que les clérouques tout au moins devaient épouser des femmes de race hellénique!. Il est vrai que dans les testaments du 11° siècle les noms des femmes de soldats révèlent souvent une origine grecque ; le mari et la femme sont même parfois compatriotes; mais ces faits n’autorisent pas à croire qu'il y ait eu là une obligation imposée aux clérouques ; ils sont si naturels dans une population d’immigrants qu'il n’y a pas lieu de recourir à pareille hypothèse pour les expliquer. D'autre part, que des femmes indigènes et des enfants nés d’elles aient pu le cas échéant hériter des biens du clérouque, c’est une conséquence de la liberté testamentaire laissée aux clérouques, qui paraît avoir été entière, sauf en ce qui concerne le xAñpcç et le orx0u6ç?. Le soldat et même le clérouque ptolémaïque a donc pu épouser une femme de n'importe quelle origine.

Il est plus difficile de voir si la condition des enfants a été modifiée par le fait que leur père était soldat ou clérouque; car, si l’on connaît l’ethnique, politique ou démotique de l’enfant, le status civitatis du père et celui de la mère restent ignorés. Mais on peut suppléer au défaut de témoignages. Les seuls individus, qui soient indubitablement fils de soldats (et même de clérouques) sont les rÿs irryovñs; parmi eux, il faut le noter, aucun, sauf peut-être trois Libyens, n’est indigène au 1° siècle; s'ils partagent la condition de leur mère, il faut admettre que les r%ç ärryov%s nés de mères indigènes n’ont pas dépassé la proportion de 6 0/0 environ, ce qui est très difficile en présence

4. Manarry, P. Pelr. IT, introd., p. 19; au contraire, ScnuparT, pp. 46-1.

2. Sur ces deux points, voir plus bas, p. 160, et ch. VII, pp. 239 sqq.

3. Exactement 3 sur 5% (cf. ch. IV, p. 113, totaux du tableau des patries au ne siècle). Mais parmi les rc émtyovñc connus il y à au moins deux frères (P. Magd, 18, cf. ch, Il, p. 59), qui peuvent être nés d’une même mère.

du témoignage de Josèphe sur la fréquence des mariages entre soldats et femmes égyptiennes. Les fils de clérouques ont donc suivi la condition de leur père. Les Lagides ont imité Alexandre, si l’on en croit Justin, lorsqu'il parle des épigones : d’après lui, Alexandre aurait permis sous condition à ses soldats d’épouser leurs concubines indigènes et de légitimer par le fait même les” enfants qu’ils en avaient pu avoir; et cet usage se serait perpétué chez ses successeurs’. Ce que l’on constate pour la nationalité des +%s érryovs confirme ce témoignage; ces fils de clérouques prennent la condition politique de leur père, à titre de soldats éventuels.

L'avantage important que leur assure cette légitimation, c’est d’être régis par les roxrtxot véuor, par le droit hellénique?. Au point de vue politique, elle n’a pas toujours d'effet. Par exemple, le räs émycvÿs qui est Athénien, parce que son père l'est lui-même, ne bénéficie pas de sa condition politique. Seuls les rs ärryovÿs citoyens d'Alexandrie et de Ptolémaïs peuvent, le cas échéant, prendre part à la vie de la cité. Encore faut-il qu'ils aient été inscrits sur les registres de leur dème. On trouve dans les textes un certain nombre de 7% ärryev%s qui sont dits ’Axc£avdpeïs, rüv oÙrw ërnyuévwy, ou, plus complètement, Toy oùrw étnyuévey ets dauov..…, et ici le nom du dème. On a supposé que, fils d’un clérouque citoyen, ils ne devenaient citoyens eux-mêmes que le jour où, sortant de l’éxryevn, ils succédaient à leur père mort ou infirme dans la possession de sa tenure et dans le service militaire‘. Mais ce fait s'explique d’une façon plus simple et plus vraisemblable par une comparaison avec les clérouchies athéniennes. Les clérouques athéniens, tous citoyens d’origine, le restaient malgré leur éloignement de la métropole; leurs fils l’étaient comme eux; mais ils ne le devenaient effectivement que le jour où, faisant le

À. Chap. II, pp. #1, 53 et 62.

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