‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 146 sur 332 · PTebt. I; "app..l, p · texte numérisé non relu

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des déductions ; elle est résumée dans le tableau chronologique suivant! :

Années des règnes. Av. J..C. Aroures.

Philopator 221-204 <K et cherséphippos . . . . . 104 Epiphane 204-180 Catœques et érémophyl. . . 124: Phil. 31, Ev. 20 151-0 Dotation de caval. catæques. 200 — 32, —21 150-49 — d’érémophylaques . 20 009,0. 2201498 de phylacites 30 — 34, — 23 148-7 — de catæques . . . . 60 ne Dotation d’éphodes . . . 48 - D Promotion d’éphodes . . 24 de = 35 136-5 Néant 36 135-4 Promotion d’éphodes . . . . 38 a 37 1343 Dotation de catoeques . . . . 320 — 38 133-2 1 39 1324 ou = 40 131-0 Dotation d’indigènes. . . . . 215 = 41 130-29 Dotation d’indigènes. . . . . 26 — 42 129-8 | = 43 128-7 Néant — 4h 127-6 = 15 126.5 Dotationd’indigènespartrans- | FOTO PS Er ee 14 5 — 46 125-4 — 47 124-3 RES Den — 49 122-1 e 50 121-0 Dotation d’indigènes par rem- DiacementheMrenRe 39

soit au total 1.114 aroures 1/2, auxquelles il faudrait encore en ajouter 328 3/8 dont l’année d’allotissement est inconnue, mais qui ont été données aux clérouques sous Philométor et Evergète Il. Il est évident d’après ce tableau que l'établissement en clérouchies se fait non par des déductions, mais par un lent pro-

1. Il est dressé à l’aide de P. Tebt. I, 62, le plus ancien et le plus exact des rapports du comogrammate Menchès.

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grès; on rencontre même des dotations individuelles : ainsi tel £83opmrovräpousoc, tel policier promu, sont les seuls de leur catégorie à être dotés à Kerkéosiris dans une année déterminée; il faut noter aussi que les totaux d’aroures les plus élevés reviennent d’une manière presque périodique dans les années 34, 37 et 40 d’Evergète; on dirait que l’allotissement reprend de plus belle après un laps de temps qui a laissé des terres disponibles ou permis de préparer à la culture de nouvelles tenures; les lacunes chronologiques des rapports diminuent malheureusement l’importance de cette remarque. Quoi qu’il en soit d’ailleurs, il reste impossible de soutenir qu’il y ait eu au 11° siècle des déductions.

Les choses se passaient vraisemblablement de même au 11e siècle. Une grande partie des terres données aux clérouques pour la première fois ont été conquises sur le désert ou sur les eaux ;ellesontsubiavantl’allotissementunemiseenétat, qu’onne peut se représenter que continue et progressive, telle que jamais de très grands espaces ne se sont trouvés tout d’un coup propres à l’établissement des clérouques‘. D'autre part, les tenures une fois attribuées à des bénéficiers, il se faisait parmi ceux-ci des vides, dus à la mort ou à la mort sans enfants ou à la confiscation; il était dès lors naturel de faire des xAñpor vacants l’objet de nouvelles dotations, de dotations individuelles, sans attendre l’occasion d’un établissement clérouchique sur une vaste échelle®. Il ne semble donc pas qu'il faille employer le terme de déduction, au sens strict, pour caractériser l'installation des clérouques à aucune époque de leur histoire. Sans doute le nombre des dotations a varié avec les règnes, avec les années: il a pu s'élever après les grandes guerres; mais l’établissement des clérouques de tout ordre a été continu pendant les deux premiers siècles au moins de la dynastie.

1. Cf. le tableau qui en est donné par Boucné-Lecrerco, L'ingénieur Cleon, dans : R. E. G., XXIV (1908), n° 92, pp. 121 sqq., et les sources qu'il indique. 2. On en trouvera des exemples ci-après, pp. 188-9 et les notes.

Le gouvernement des Lagides a dû constamment se procurer ou conserver une disponibilité de terres suffisante pour établir ses clérouques. Il n’y à pas de tâche qui paraisse au premier abord plus aisée, puisqu’en principe le roi, que ce fût le Pharaon ou le Lagide, était l’unique maître du sol égyptien. Toutefois, et sans aborder la difficile question de la propriété privée*, il y a eu en fait deux catégories de terres dont, sauf exception, le pouvoir royal n’a pas disposé et que jamais on ne voit transformées en terres clérouchiques; ce sont l’iepx yñ et la + tuéurr- 06°; les terres disponibles se trouvent ainsi limitées, avant tout établissement des clérouchies, au domaine royal proprement dit, au Basruxév ; et c’est encore considérable.

Si l’on recherche dans quelles contrées le Domaine a été principalement mis à contribution pour la fondation des clérouchies, on est vite amené à penser que la répartition des clé-

4. La propriété privée a-t-elle existé dans l'Égypte ptolémaïque ? C’est une question très controversée (et gênante pour l'étude des clérouchies, cf. plus bas, ch. VII, pp. 218-9); elle revient à savoir ce que sont exactement la y täoxrnroc et les toxvnwovecs. H. MaAsPpero, Les finances sous les Lagides, pp. 24-8, soutient que les iôtoxrAuovecs sont des tenanciers non clérouques, sans preuve décisive, mais sa thèse bénéficie du fait qu'il n’y a pas de différence pratique entre la propriété et la location héréditaire (rà peptolwpéva eiç To marouxôv, P. Tebl. I, 5, 1. 12) ; — Waszynskr, Die Bodenpachi, I, pp. 51-57, croit à l'existence de la propriété privée. En fait, tout se passe comme si la propriété privée existait (e. g. P, Tebt. I, 5,11. 99-104); mais toutes les terres paient des taxes à l'Etat. On est tenté de se demander si le droit gréco-égyptien a fait la distinction de la propriété et de la possession; en recherchant s’il a reconnu au xÿooç ce que le droit romain nomme le dominium, peut-être posons-nous un problème qui lui est étranger.

2. Ce n’est pas à dire qu’il n’y a pas eu parfois des confiscations (/nscr. Ros., 1. 20; Dion., XXXIII, 6 (a); Dion Cass., XXXIX, 58 ; Jos., c. Apion, IT, 5). Mais on ne connaît aucun exemple de terres confisquées pour être transformées en lots clérouchiques, même après avoir été rattachées au Domaine pendant un laps de temps très court, ce qui n'aurait été qu’une fiction ; la propriété ou pseudo-propriété est même protégée contre les soldats (P. Petr. III, 20, verso, col. ri, et P. Tebt. I, 5, 11. 99-104).

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rouchies sur le sol de l'Égypte est surtout une question agricole. Les terres données pour la première fois aux clérouques ne sont pas en général des terres arables, ou, sielles l’ont été, elles ont cessé de l'être. À l'appui de cette opinion, on ne peut invoquer pour le me siècle le témoignage d'aucun texte; mais étant donné l’œuvre agraire des Lagides et de Philadelphe notamment, la conquête de l’Arsinoïte et les travaux qu'y ont exécutés les ingénieurs de l’État, il est hors de doute que, dans certaines régions du moins, le Domaine n’était composé à l’origine que de terres encore vierges". Au n° siècle, la qualité des terres données en tenures a varié selon les circonstances. Sauf exception, lorsqu'on établissait de nouveaux clérouques dans des xAñpor attribués pour la première fois, on choisissait des terres incultes ; pour employer le langage fiscal des papyrus de Tebtunis, ces terres appartenaient à l’iréhoyoy*. Parmi ces terres, il faut distinguer plusieurs catégories : a) celles qui ne paient ni redevance ni impôt (bréhoyoy dpopoy éxrès uolwaews); b) celles qui ne doivent pas de redevance, mais donnent l’occasion de percevoir un impôt en argent; ce sont des pâtures, dont l’usage est frappé de la taxe dite évvéuoy (voa Exrèç iuoddoeuwc) ; c) celles qui, comme le reste de la terre royale, sont censées produire une redevance, mais ne la paient pas parce qu’elles ont cessé d’être cultivées; leur rente doit être déduite du revenu présumé de la terre royale (Bactawèv ëv drokéyur, dit aussi ürékoyoy ëv uodwoer)?. À Kerkéosiris, sous Evergète IT et Sôter IT, les fonctionnaires ne doivent donner aux clérouques que des terres prises dans la troisième catégorie; encore toutes celles qui la composent ne sont-elles pas propres à les doter; il faut laisser de côté les terres

4, Cf. ci-après, p. 172.

2. P. Tebl. I, app. T, p. 554. Les revenus du Domaine sont calculés théoriquement pour son ensemble, et la comptabilité annuelle consiste à établir de combien les revenus réels excèdent le revenu théorique où de combien ils lui sont inférieurs; ainsi s'explique l'expression Bacthixdv èv dmoïéyer. Mais le revenu théorique varie de 2 à 5 artabes par aroure, selon la valeur des terres, qui ne s’apprécie qu'à l’expérience et peut augmenter dans les premières années de culture. Ce n'est qu'après la fixation de ce revenu théorique et après des locations à un taux inférieur que peut exister l'ôxéloyoy ëv puodwoet.

9. Ibid., pp. 540, (b), 542, (d), et 514, « Grst class », cf. p. 541,

inondées (Zu6p0yoc) et à efflorescences salines (äkuvok) et n’user que des terres désertiques, parfois devenues telles au contact d’autres terres semblables (y£o6)'. A cette règle, il a été souvent manqué”; et ces infractions constituent une partie du contentieux des clérouchies*. Mais ce qui importe ici, c’est d’expliquer la règle. La raison s’en trouve tout entière dans les intérêts fiscaux du pouvoir royal. Que la fiscalité ait été la fin de la politique agricole des Lagides, c’est chose connue; on en trouverait au besoin un supplément de preuve dans la subdivision officielle de l’oréroye, qui vient d’être rappelée; leurs errements habituels se retrouvent dans le choix des terres données aux clérouques. Des terres submergées ou salines ne peuvent être cultivées; elles demandent une mise en état que le gouvernement royal peut seul entreprendre; elles ne produiraient rien, et leur possesseur, le clérouque, ne paierait pas les taxes qui lui incombent; reste donc le y£psoxs qui, convenablement irrigué, devient productif. C’est par des considérations analogues qu'on peut expliquer la dotation des clérouques aux dépens de lP’oréhoyev. La terre cultivée (sxépwec) donnant une redevance, le roi avait un double intérêt à établir ailleurs les clérouques : il les mettait ou était supposé les mettre en mesure de payer leurs impôts, et il continuait de toucher les loyers de la orépiuos. De même, les voai Exrès luofosewc, si elles ne donnent pas de redevance, peuvent produire un impôt : mieux vaut chercher ailleurs des terres pour les clérouques. Mais pourquoi préférer l’üxéhoyoy Ev puowaet à l’ümékoyor dpopor Extès puio- Owssws? ce dernier pouvait à la rigueur être cultivé et des laboureurs royaux en ont loué une fois au moins à Kerkéosiris‘. Cette particularité semble devoir s'expliquer par l’état général de l’agriculture à Kerkéosiris pendant le n° siècle; entre 1470-69 et 118-7 avant J.-C., presque la moitié de la superficie

1. Ibid., pp. 574 et 554. La réglementation remonte au moins à l'an 32 de Philométor (P. Tebt. I, 12, 1. 166).

2. Emploi de vouat Euros puolwoeuws (P. Tebl. I, p. 542); emploi de oméptuoc (P. Tebt. I, p. 515, « second class », cf. p. 554).

3. P. Tebl.1, p.555. Les décisions du gouvernement varient d’une manière notable,

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