‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 176 sur 332 · OTe0L A app 1 pp · texte numérisé non relu

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famille en état de les suppléer, devaient nécessairement affermer leur tenure, ce qui n’était pas toujours chose aisée; mais l’essentiel était qu'ils en eussent la faculté'.

De cette faculté ils ont usé plus ou moins selon les années. Les rapports qui concernent Kerkéosiris de 119-8 à 116-5 av. J.-C., permettent d’en juger dans une certaine mesure. Dans ce bourg, 50 6/0 des clérouques en 120-119, 78 0/0 en 117-6 cultivent personnellement leur tenure; dans les mêmes années, les clérouques des catégories supérieures aux érrépoupot péyuot qui cultivent personnellement leurs tenures, sont au nombre de 32 0/0 et de 43 0/0; enfin la proportion des Errépouser wäyuet qui n’afferment pas est successivement de 42 1/2 0/0 en 120-119, 67 0/0 en 119-8, 100 0/0 en 117-6 avant J.-C.°. Cette progression constante pendant quatre ans et surtout ce dernier chiffre sont tout à fait remarquables. Ils s'expliquent sans doute par des raisons générales, de même que la proportion des aroures non ensemencées à la superficie totale dans les tenures des payer : il est de plus en plus difficile alors d’affermer; mais peut-être des causes d'ordre militaire ont-elles agi, elles aussi, dans ce cas; et la proportion de 100 0/0 rend assez vraisemblable que des pay jusqu'alors indisponibles le soient devenus peu à peu de 120-119 à 117-6; le service a dû en effet accroître ou diminuer selon les époques le nombre des clérouques cultivant eux-mêmes leurs terres.

Le fermier d’un xñ%occ, pris parmi les habitants de la 7692, était vraisemblablement établi dans le voisinage de la tenure avant d’en devenir le locataire. Mais où le clérouque vivait-il, surtout aux débuts de la colonisation, quand il cultivait en personne son 2k%006? Car en Égypte on ne bâtit pas ou presque pas sur sa terre; il n’y a de terres fertiles ou fertilisables que celles sur lesquelles s’étendent lors de la crue les eaux du Nil et des canaux ; pendant l’inondation, on ne peut circuler que sur les digues et les levées de terre, on ne peut habiter que sur les

1, Cf. ci-dessous, p. 235.

2, Ces chiffres sont tirés de P. Tebl. I, 62 (119-8, relatif à 4120-19); 61 (a) (118-7, pour 119-8); 63 (116-5, pour 117-6).

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terre-pleins qui servent comme de socle aux xp; et le clérouque devait de toute nécessité avoir un logement dans un village ou dans une ville. On connaît des clérouques qui ont vécu dans les villes : mais c’est là le cas de gens assez riches, et il na pas dû se présenter souvent, surtout au 1° siècle, lorsque des soldats venus de tous les points du monde hellénique s’établissaient pour la première fois en Égypte. Dans les villages, une maison était sans doute vite bâtie et à peu de frais; mais le clérouque ne pouvait occuper le terrain nécessaire pour l’édifier sans léser le fisc ou des particuliers, surtout dans les bourgs qui existaient déjà avant la colonisation ptolémaïque. Le gouvernement royal aida dans leur établissement certains des clérouques au moins, sinon tous, par l'institution des crayoi”.

Qu'est-ce done qu’un sraôues? Chez les prosateurs grecs?, le mot désigne originairement un campement ou un lieu de halte pour la nuit, quand il s’agit de la marche d’une armée ou d’un voyage royal; et par la suite, selon que l’on a attaché plus d'importance au temps ou au lieu, l'étape ou le cantonnement; c’est done un terme de la langue militaire, qu’il est naturel de voir employé sous les Lagides à propos des clérouques. Mais il faut remarquer qu’il n’a jamais en Égypte que le sens de logement. Le oraluès, c’est le logement qui est assuré aux clérouques soit dans des immeubles de l’État, soit chez les particuliers par réquisition du gouvernement, probablement parce que l'État possédait peu de propriétés bâties. Étant donné l’histoire primitive du mot, il n’est pas douteux que cette réquisition ne s’exerçait à l’origine qu’au profit des soldats de l’armée active pendant les marches; c'était une charge militaire qui pesait sur les populations égyptiennes, comme sur les nôtres, de manière

1. Sur les otaûpot, cf. Les éditeurs et commentateurs de P. Petr. II, 8 = NI, 20: Maxarey, dans : P, Per. ITet Archiv, I, p. 285; P. Foucarr, Rev. Arch., IV [1904], pp. 151-171; SuvLy, dans : P. Pelr. III; — et : P. M. Meyer, pp. 30 et 43 ; ScuuBaRT, pp. 10-14; GRenrecz et Hunr, dans: PR. Tebl. I, pp. 45 et 50; Boucuk-LecLERCO, pp. 22-28. — Pour P. M. MEYER, ovaûuoç = xXñpoç; on ne voit pas sur quoi il fonde son opinion. — Sur la condition juridique des otaôyot, cf. ci-après, pp. 224 sdq.

2. Héronorg, V, 52; VI, 119 (logement du roi de Perse pour la nuit pendant ses voyages); Xénopn., Anab,, Il, 2, 10 (étape); idid., I, 8, 1 (cantonnement); PoLYEN, VII, 40, 1 (cantonnement).

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temporaire. Dans la suite, elle s’aggrava progressivement : d’un côté, le logement fut requis pour les fonctionnaires ou employés de l’État en déplacement; on voit sous Evergète [er des épistates de travaux logés dans des stapct, sans qu’on connaisse la durée du séjour qu’ils y firent’; d’autre part, le bénéfice du sra0uèc fut assuré au moins à certains clérouques à titre viager. Il est très probable que cet élargissement du système n’est pas postérieur aux premières années du règne de Philadelphe; le logement des épistates rv Zoywv de l’Arsinoïte le met en relation étroite avec les travaux nécessaires à la colonisation du nome : et l’on possède des édits de 276-5 avant J.-C., l’an 10 de Philadelphe, relatifs aux orpet des clérouques”; c’est donc la fondation des clérouchies sur une vaste échelle par le deuxième Ptolémée qui a modifié la servitude que constituait la réquisition des oraôuet et l’a rendue plus lourde pour les populations ; la difficulté de loger les fonctionnaires et la nécessité de donner aux clérouques une habitation dans les bourgs a suggéré l’idée d'étendre aux soldats disponibles et aux agents de l’État le moyen employé pour le logement des gens de guerre en service actif et commandé; mais tandis que Le orabpès restait pour les fonctionnaires en mission un logement temporaire (car on ne le voit pas donner à des fonctionnaires habituels du nome), il devenait pour les clérouques un logement permanent.

Le propriétaire de la maison, où le soldat a son logement, est désigné par le terme de xipros ou de srxbpoüyes; le clérouque qu'il loge s'appelle ériorxôues; il a pu y avoir doute autrefois sur le sens respectif des deux derniers termes ; il est fixé aujourd'hui par une phrase de Polyen et un papyrus de Magdola*. Les otaôuot donnent lieu à nombre de contestations et de procès. Les propriétaires s’eflorcent d'éviter le plus possible la lourde charge que constitue le logement, notamment en obstruant

HnPÆPern 1412 (4); ct LE 291 a) le 62T

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