P. Lille
DuP, Lille 4 et fr
254 LES BIENS CLÉROUCHIQUES
celles qu'a connues la féodalité : l'inscription des fils du clérouque comme héritiers dans un délai donné, peut être en une certaine mesure assimilée à l'hommage prêté par le fils du vassal décédé à son suzerain dans le délai de 40 jours dit (souffrance féodale ». De même que le fief ne peut être aliéné à l'origine que par le suzerain, puis avec sa permission ou sa suscription, de même le xxñeoç ne l’est en principe qu'avec l’aveu du diœcète'. Quant aux devoirs des elérouques, ils peuvent évidemment être rapprochés de l’ost, mais les renseignements qu'on possède sur les appels militaires sont trop rares pour que cette comparaison puisse être poursuivie dans le détail ; par contre, l’aide féodale, contribution irrégulière, correspond aux oréoaver : toutefois ceux-ci ne lui sont vraiment identiques que dans deux cas, lors du voyage du roi dans le nome ou lors ‘de son avènement. Là s'arrêtent, semble-t-il, les ressemblances entre le système féodal et les clérouchies. Jamais il n’y a eu en Égypte de hiérarchie féodale : tous les clérouques sont liés immédiatement au roi par l’engagement militaire; tous les xhpo sont détachés du domaine royal, le seul Domaine proprement dit qui existe; et il n’y a pas de terre clérouchique prise sur la xeywptouévn moécodos, sur les apanages. D'autre part, si le xAÿox est un fief, c’est, pour reprendre l’expression du moyen âge, un fief sans seigneurie, c’est-à-dire sans droits administratifs ni judiciaires; l’exercice de ces droits, qui est l’essence de la seigneurie, constitue une usurpation des droits régaliens, et les Lagides n’ont jamais abandonné une partie de la souveraineté que dans les terres et Les bourgs à wseä?, Si le système clérouchique est une féodalité, c’est une féodalité embryonnaire.
1. Maïs jamais cette autorisation ne semble remplacée par un droit analogue à celui de lods et vente.