‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 218 sur 332 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Il a été question plus d’une fois déjà au cours de cet ouvrage de la marine et de la police ptolémaïques. Dans une étude sur les institutions militaires des Lagides, la marine devrait tenir la première place; son rôle à été encore plus considérable que celui de l’armée de terre, sous les règnes de Philadelphe et d'Evergète notamment; la politique de ces princes comme celle de Sôter et, à un moindre degré, celle de leurs successeurs, leur action dans la Méditerranée orientale avec Cypre pour base et dans la mer Égée avec le concours du xwèv des Nèsiotes et de leurs alliés helléniques, entraînaient l’emploi d’une marine importante, capable de leur assurer la maîtrise de la mer et de transporter les troupes ; cette marine, les trois premiers Ptolémées l’ont possédée ; mais les renseignements sans lesquels on ne peut l’étudier font presque complètement défaut. Il en va de même de la police : bien des points de son organisation restent encore obscurs. L'étude doit pourtant en être jointe à celle de l’armée de terre et de mer : non pas que les institutions policières soient en principe nécessairement liées aux institutions militaires ; mais en fait, l’armée et la police ptolémaïques, toutes les deux dépositaires de la force publique, ont eu une organisation en partie commune. On trouvera réunis, coordonnés et complétés dans ce chapitre les témoignages relatifs à la marine et à la police dont il a déjà fait usage dans les pages qui précèdent.

L'État ptolémaïque possédait à la fois une marine marchande et une marine de guerre. La seconde seule intéresse notre sujet; et il suffit de remarquer, à propos de la première, que les transports, même de petit tonnage, xovrwrx (rAcia), sont cités par Appien dans le dénombrement des forces militaires des Lagides : ils étaient, selon lui, au nombre de 2.000?; mais on ne sait aucunement par quelle organisation ils coopéraient au ravitaillement de la marine de guerre proprement dite.

Le recrutement de la flotte s’est fait sous les Lagides d’après des principes qui ont été rappelés déjà et dont l’application est d’ailleurs générale dans l’antiquité classique. Dans les marines antiques, les matelots sont toujours choisis dans la classe la plus basse de la population : ce sont les thètes qui ramaïent sur les trières athéniennes; ce sont les prolétaires et parfois les esclaves, sous l’Empire les pérégrins, qui servaient dans les flottes romaines. De même en Égypte sous les Lagides, c’est dans la population indigène qu’on à pris les équipages de la flotte *. Mais tous les indigènes n’ont pas servi avec les mêmes fonctions ; et il y a lieu de distinguer les rameurs, qui ne sont à vrai dire que les moteurs des navires, et les hommes en armes *. Les premiers paraissent avoir été recrutés parmi les cultivateurs indigènes, les esclaves et les forçats. L'inscription de Rosette dispense les cultivateurs et les esclaves au service

1. Sur la marine hellénique en général, cf. H. Droysen, pp. 270 sqq. — Sur la marine des Pt lémées : Garoraro, Sulle armate lolemaiche; Boucué-LeCLERCQ, pp. 62 sqq.; Scaugarr, pp. 51 et 65-6 et les notes.

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