‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 26 sur 332 · P. Tebt. I, App. I, pp. 551 sqq · texte numérisé non relu

P. Tebt. I, App. I, pp. 551 sqq

étaient réunis à la garde, aux irreïs mept rh av, sous les ordres de Polycrate l’Argien’. C'était sans doute la première fois que ce fait se produisait dans l’armée ptolémaïque : on n’en trouve aucune mention à une date antérieure; et il est souligné dans le texte de Polybe par l'emploi répété des expressions gahayyitar et eiç rèv Maxedowxèv roémov xadwrAtéuevet; peut-être même doit-on appliquer aux indigènes ce que le même historien dit d’une manière générale des préparatifs dirigés par Sosibios et Agathocle* : « Après avoir réparti les soldats par origine et par âge, ils donnèrent à chacun d’eux l’armement qui lui convenait, sans tenir compte de celui qu’il possédait auparavant »; ces mots paraissent cependant concerner plutôt les mercenaires, dont il vient d’être parlé, et surtout les réguliers : car ceux-ci sont commandés par Polycrate et Andromachos, et ces deux généraux se distinguent particulièrement dans la réorganisation ainsi exposée. Quoi qu’il en soit d’ailleurs sur ce point particulier, il paraît très probable que l'entrée des indigènes sans distinction de classes dans l’armée a coïncidé avec une réforme de leur armement.

Réguliers non indigènes, mercenaires, indigènes, telle est donc dans ses grandes lignes la composition de l’armée ptolémaïque au 1° siècle. Il n’y a pas de raison de croire qu’elle se soit profondément modifiée pendant le 11° et le 1°. On a émis l’opinion que sous Epiphane et Philométor l’armée régulière et les mercenaires d’origine hellénique s'étaient fondus en une phalange unique, sortie, — on ne voit trop comment, — de la phalange égyptienne de Raphia; cette armée composite aurait pris le nom de péyweor, tandis que l’armée indigène disparaissait; enfin les mercenaires auraient à eux seuls constitué toute l’armée après la mort de Philométor*‘. Cette vue d'ensemble sur l’histoire de l’armée ptolémaïque après 217 ne peut se défendre. Les textes du 11° et du 1° siècles, notamment tous ceux qui

Page 1