PRÉFACE V
Si on les admet, les textes papyrologiques servent à l’étude générale de l’armée ; et l’on peut dès lors traiter de l’armée régulière, de son organisation technique et de son commandement, de son recrutement, etc.; si on les repousse, les texles papyrologiques ne nous renseignent plus que sur une partie de l’armée, et les questions qui viennent d’être énumérées doivent être complètement ou presque complètement laissées de côté. Tout dans l’étude des institutions militaires dépend donc étroitement des conclusions tirées des papyrus qui concernent les clérouques ; et c’est ce qu’il fallait indiquer.
En dépit de la solution qui estici donnée à la question des clérouques, notre documentation sur lesinstitutions militaires reste encore fort pauvre; et comme elles peuvent être en relation avec celles qui les ont précédées et celles qui les ont suivies, on souhaiterait de trouver dans l’organisation militaire de la Macédoine et de Rome des indications de nature à guider notre étude. En ce qui concerne l’armée romaine, il est imprudent en principe de conclure d’un passé plus récent à un passé plus ancien; et l’on ne s’est pas loujours assez soigneusement gardé de la faute de penser qu’en matière de droit et d'administration les Romains de l’Empire n'avaient été que les imitateurs des Lagides; en fait, les institutions militaires sont parmi les plus originales de Rome et l’on verra, au dernier chapitre de cet ouvrage, combien peu l’armée de l'Empire doit à l’Égyple. Il n’en va pas de même pour la Macédoine. L'organisation militaire ptolémaïque a son origine dans les institutions de Philippe et d'Alexandre. Mais nous les connaissons mal; Rüstow et Küchly en ont donné autrefois un tableau assez détaillé; les Untersuchuñgen de H. Droysen' ont depuis remis en question un certain
4. M. Droysen, Unlersuchungen über Alexanders des Grossen Heerwesèn u. Kriegführung, 1885.