‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 304 sur 332 · CHAPITRE IL, p. 62, N · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL, p. 62, N

L'inscription Golénischeff.

Cette intéressante inscription mérite un commentaire que je n'ai pu lui donner au cours d’une note. Pour plus de commodité, j'en reproduis ici le texte :

[Yrio Baniéws [rokemaiou vai] Bastkiws IIrokemalou Toù adehpoë at Basthloons Khecomdtoas thç adehonc, 5 Geüv Pioratépuv, of à Tepovipou roù apfytcloua- TOQUAXLOG HAL GTPATYOÙ rpocyp[dolor tpirns S'ApÉAS C’est la première fois que trois souverains frères et sœur se rencontrent associés avec un seul et même nom divin dans un texte grec; un cas analogue ne s’est encore présenté que dans un bas-relief de Thèbes, publié par LePsrus, Abhandl. der Berliner Akad., 1852, p. 476, sur lequel nous aurons à revenir plus bas. Ces deux Ptolémées et cette Cléopâtre ne peuvent être antérieurs au règne commun de Philométor et d'Evergète II. Mais, à vrai dire, cette remarque circonscrit à peine notre recherche; car à partir de cette date, les titulatures protocolaires s’embrouillent extrêmement‘. Toutefois, la dédicace est évidemment inspirée par un stratège en fonctions; s’il y a réuni deux rois frères et la reine épouse et sœur, ce n’est pas à l’encontre de la politique dont il était l'agent, et l'inscription ne. peut appartenir qu'à une période où les compétitions dynastiques étaient suspendues ou terminées, au moins officiellement*. En second lieu, la reine est l'épouse d’un des rois, ce

1, Boucué-LeccercQ, Il, p. 405, n. 2, cf. IV, pp. 322-8. 2. On possède un exemple de ces fictions officielles dans les protocoles de Phi.

ADDENDUM 361

qui écarte toute période où prédomine l'influence des reinesmères. Enfin, il ne faut pas oublier que les rois doivent être frères.

Dans ces conditions, toute une série d'associations se trouvent immédiatement éliminées. Ce sont celles de :

Évergète II, Néos Philopator, roi de Cypre, et Cléopâtre IT : Néos Philopator était ou un fils ou un neveu d’Evergète II et n’a pu figurer dans une inscription avec le titre ro5 adehoo et avant la reine-épouse;

Sôter Il, Alexandre [*, roi de Cypre, et Cléopâtre IV : la vice-royauté d'Alexandre à Cypre ne commence qu’en 114 et Cléopâtre IV a été répudiée dès 115; d’ailleurs, l'influence de la reine-mère est alors prédominante;

Sôter II, Alexandre [*, roi de Cypre, et Cléopâtre-Sélènè : cette association serait possible de 114 à 108, date à laquelle Alexandre devient roi en Égypte et Sôter IL est séparé de sa femme; mais les relations entre les deux frères sont telles pendant cette période qu'aucun stratège, au service de l’un ou de l’autre, n’a pu les réunir dans une dédicace; l'existence d’une fiction officielle n’est établie par aucun témoignage;

Néos Dionysos (Aulètès), Ptolémée, roi de Cypre, et Cléopâtre [VI] Tryphaina : l’existence de cette seconde Tryphaina n’est vraiment pas assez probable’, pour qu’on doive discuter cette association ;

Ptolémée XV et Ptolémée XIV, Cléopâtre VI [VIT pour qui admet l’existence de la seconde Tryphaina] : car par son testament, Néos Dionysos instituait pour héritiers son fils aîné Ptolémée XIV et sa fille aînée Cléopâtre (Bell. Civ. III, 108); aucun témoignage ne permet de croire que les deux frères aient été associés sur le trône; et, au contraire, la façon dont CÉSAR, Bell. Alex. 33, raconte l'avènement de Ptolémée XV, donne à croire qu'il n’avait jamais régné avant 47 av. J.-C.

Les associations qui restent possibles sont donc les suivantes :

lométor et d’Evergète; à eu juger d’après eux, l'entente entre les deux frères aurait duré jusqu’à 145.

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