H. DRoYSEN, p
17.000 sur 42.000 en 190; les mercenaires proprement dits ne sont que 5.000 en 207; par contre, les races si diverses du royaume fournissent d'importants contingents, tout le reste de l’armée; ces contingents indigènes conservent pour la plupart leur costume national et leur armement spécial; à Raphia, en 217, il n’y a que 10.000 indigènes armés à la macédonienne, et l'on ne connaît pas d'autre exemple de ce fait. Ptolémée Sôter et ses successeurs n’ont organisé leur armée indigène ni comme Alexandre, ni comme les Séleucides. S'il partagea jamais les idées de son maître sur l’organisation de l'Empire, ce qui est douteux, Ptolémée les abandonna en devenant satrape d'Égypte; la monarchie universelle ne l’a jamais séduit; il a voulu être roi d'Égypte et rien que roi d'Égypte; et, tout en respectant par une politique tolérante, à laquelle ses successeurs restèrent fidèles, les coutumes des Égyptiens, il s'installa dans le pays en conquérant, gouverna au nom de la race victorieuse et considéra son armée, nationale, macédonienne en principe, comme le plus sûr fondément de sa puissance. Aussi les Mzx:des sont-ils au point de vue moral, sinon toujours numériquement, l'élément le plus important de ses forces; aussi, au lieu d’enrôler dans ces corps réguliers les indigènes vaincus, n’admet-il parmi ses troupes que la classe des guerriers, des uxyueo, en ne les employant d’ailleurs qu’en qualité d’auxiliaires servant dans des corps spéciaux, de soldats de marine ou d’appariteurs. Cette situation ne se modifie qu'avec Philopator : le privilège des péyyot disparaît; toute la population indigène est qualifiée pour servir ; mais alors même, il n’y a pas comme dans l’armée d'Alexandre fusion complète de l'élément macédonien et de l’élément indigène; les Égyptiens continuent de former une armée à part; la séparation absolue de l’armée régulière et des corps indigènes se perpétue au moins jusqu’à la fin du n° siècle; et, selon toute vraisemblance, elle dure autant que la dynastie. La relation des institutions ptolémaïques à celles des Séleucides est moins facile à marquer, dans l’ignorance où nous sommes de ce qu'ont été ces dernières. On ne voit dans le royaume syrien aucune trace d’un privilège ana-