ARMÉES PTOLÉMAÏQUE ET HELLÉNISTIQUES
logue à celui dont ont joui sous les trois premiers Ptolémées les péyot égyptiens. Par-contre, l'armement des indigènes à la macédonienne n’est pas un trait original de l’armée des Lagides, puisqu'à la date même où il y est introduit, il se rencontre dans l’armée d’Antiochus le Grand'; mais les phalangites orientaux n'apparaissent qu'une fois dans l’histoire militaire des Séleucides; et leur effectif n’atteint pas celui des forces indigènes ptolémaïques. L'organisation de ces forces paraît donc en dernière analyse donner à l’armée des Lagides son.caractère distinctif parmi les armées hellénistiques.
Les noms d’Agathocle et de Sosibios doivent selon toute vraisemblance rester attachés à la réforme introduite dans cette organisation sous Philopator. Elle a été dictée sans doute par la - nécessité d'assurer à l’armée de gros effectifs de fantassins, qui s'est imposée à l'Egypte comme à tous les États hellénistiques à la fin du 11° siècle; elle doit donc s'expliquer par une cause générale, probablement par une sorte de crise du recrutement de l'infanterie de ligne mercenaire ; cette crise à pu avoir pour causes l'énorme consommation d'hommes qu'avaient faite les armées du 1v° et du 1° siècles, et le nombre croissant des Thraces et des Galates à armement léger sur les marchés du n° siècle. En donnant aux indigènes l’armement de la race dominante, les ministres de Philopator ont créé un danger intérieur et amené les révoltes du nationalisme égyptien, qui cat ébranlé la monarchie pendant tout le cours du rr° siècle, Cette importante conséquence indiquée, il convient de rechercher comment la triple armée des Lagides, et particulièrement l’armée régulière, était organisée sur le pied de paix et sur le pied de guerre : c’est proprement la question des clérouques.
4, Pouyse, V, 19; cf. ScuBaRT, p. 60, n. 4.