‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 46 sur 332 · WiLckeN, dans : G. G. A., 1895, p. 132; ScauBaRr, p · texte numérisé non relu

WiLckeN, dans : G. G. A., 1895, p. 132; ScauBaRr, p

numérotés ou à ethniques; dont les grades, quand ils en portent, ne sont jamais indiqués au passé. L'objection ne porte pas. La seule conclusion qu'on puisse tirer de ces faits, c’est que, si l’on voit dans les clérouques des vétérans, il faut en même temps admettre que ces vétérans ont formé une véritable armée, avec ses subdivisions et ses cadres, complètement organisée sur le papier, dans laquelle chacun avait sa place marquée d'avance pour le jour de la mobilisation: la thèse ne serait acceptable qu'avec cette hypothèse. Mais celle-ci n’a en soi rien d'invraisemblable : sans doute, on ne connaît aucun exemple d’une organisation analogue à une date antérieure; ce n’est pas là toutefois un argument décisif; comme vétérans, les elérouques n’ont pu être militairement organisés qu’en relation avec l’armée active ou indépendamment d’elle ; s'ils l’ont été de cette seconde façon, ce n’est pas une raison de croire qu'ils n’ont pas été des vétérans. Passons à de meilleures preuves. En premier lieu, on connaît des clérouques en service actif. Ce sont les Erikexro: péæyuo de la garde, les péywe de la garnison d'Alexandrie, les vavxarooucyuet du Nil qui peinent dans le service, es tas Aatouoylac, en l’an 6 de Philométor‘; le service dans la garde et sur le Nil doit être assuré en temps de paix comme pendant les guerres; on ne connaît pas de campagne en l’an 6 de Philométor; pour concilier l’activité de service de ces clérouques avec leur qualité de colons, il faut admettre qu'ils étaient soumis à des appels; exception faite pour les véyuot appariteurs au 1° siècle, les clérouques indigènes appelés à l’activité en temps de paix ne peuvent être considérés comme des vétérans. D'autre part, on rencontre parmi les clérouques des hommes dans toute la force de l’âge; certains même n'ont que 25 ans; il est inadmissible que ce soient des vétérans?. Sans doute, l'intention de Sôter et de Philadelphe, en établissant les clérouques, a pu être tout d’abord d'assurer un établissement aux vétérans ou aux orphelins laissés par leurs

RP GTS OS CP rCh Ale" p.20:

2, Wizcxew, loc. laud.; Scuuparr, loc, laud,

34 LES CLÉROUQUES ET LES Ts éTtyovs

soldats'; mais à supposer qu'au début la majeure partie des clérouques aient été des vétérans, il n’en a plus été de même par la suite; quand l'institution atteint son complet développement, à l’époque où elle est le mieux connue, c’est-à-dire sous le règne d'Evergète Fr, il y a parmi les clérouques des soldats de 25 à 45 ans qui ne peuvent être des vétérans. Enfin, on verra que des fils de clérouques reçoivent par une dotation nouvelle ou recueillent par héritage le xAñpss de leur père à un âge encore jeune”; placer dans l’armée des vétérans ces hommes vigoureux, alors que l’armée active devait être mise sur le pied de guerre, ç'eût été de la part des Lagides une méconnaissance complète de leurs intérêts militaires.

Les clérouques n’appartiennent donc pas à l’armée active, au sens moderne du terme; ce ne sont pas davantage des vété- ‘ans. On ne peut alors voir en eux qu'une population qui, se consacrant pendant la paix aux occupations de la vie civile et même rurale, est soumise en cas de guerre à des obligations militaires. Tel était le caractère des pœytue: pharaoniques; ils l’ont conservé sous les Lagides. On ne fera point de difficulté de reconnaître que c’est celui des mercenaires clérouques, à titre exceptionnel, si l’on accorde que les clérouques qui ne sont ni indigènes, ni mercenaires, le partagent avec les péyuer. Ici, il faut insister : définir ainsi la situation de ces clérouques, c’est dire qu'ils ont formé une armée régulière dont la mobilisation met l’armée active, très réduite en temps de paix, sur le pied de guerre, analogue par conséquent à toutes les armées grecques antérieures aux Lagides, celle de Cyrus le Jeune exceptée. Si on laisse de côté ce cas unique, les cités de la Grèce ont eu pour armée ou comme partie essentielle de leur armée la population civile, le corps des citoyens, mobilisé en tout ou en partie quand la guerre était décidée; de même, Philippe et Alexandre ont groupé leur forces autour d’un noyau de vassaux, nobles et non-nobles, pour lesquels le service militaire était un devoir; c’est dans la population de leurs sujets

Page 1