‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 47 sur 332 · Boucué-LecLercQ, p. 29, n · texte numérisé non relu

Boucué-LecLercQ, p. 29, n

2, Cf. ci-après, pp. 60 sqq.

qu'ils recrutent leur armée de campagne, et la mobilisation en est assez lente pour que Philippe lui adjoigne des mercenaires"; c’est là qu'Alexandre trouve une partie des renforts qu’il se fait envoyer en Asie”; et lorsqu’en 324 il incorpore les Asiatiques dans l’armée, c’est parce qu'il les place, comme sujets du nouvel empire gréco-oriental qu’il fonde, sur un pied d’égalité avec les Macédoniens d’origine. De même les clérouques ont formé la classe de population, constituée sinon de citoyens, du moins de sujets, qui a fourni aux Lagides leur armée régulière.

Fidèle à la tradition macédonienne, Sôter a dû en effet avoir pour première pensée de recruter parmi ses sujets des corps réguliers. Ce n’était pas une tâche facile : la population qualifiée pour le service faisait défaut. Car, à la différence d'Alexandre, dont les dernières réformes avaient d’ailleurs amené la sédition des Macédoniens, Sôter et ses successeurs n’ont pas considéré que les indigènes fussent aptes à servir parmi les Maxedévec®. Fondateurs d’une monarchie d’un caractère très macédonien, très national, plus voisine de celle de Philippe que de celle d'Alexandre, ils sont revenus, au moins théoriquement, aux principes fondamentaux du droit antique en matière militaire, abandonnés par Alexandre : la population indigène, race de vaincus, a été tenue pour indigne de servir dans l’armée régulière ; seuls les Macédoniens et les citoyens des 75e grecques de l'Egypte peuvent entrer dans ses rangs. En fait de Macédoniens, le noyau de troupes, recueilli sans doute par, Ptolémée dans le partage des forces d'Alexandre, fond progressivement avec le temps et les campagnes ; et si la Macédoine envoie en Égypte comme dans les autres États hellénistiques de nouvelles recrues, elle souffre du manque d'hommes dès l’époque d’Antigone Gonatas‘; cette source de recrutement se tarit; les deux cités grecques, Alexandrie et Ptolémaïs, voient sans doute leur population s’accroître rapidement malgré leur récente fonda-

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