‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 49 sur 332 · Cf. ibid., p · texte numérisé non relu

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8. On retrouverait ces fils de soldats dans les ôppavo du mie siècle qui ont

suite Philadelphe ait traité de la même façon les soldats qu’il entendait garder à sa disposition. Mais, dans la seconde moitié e 1 4 Q .

du in siècle, des soldats réguliers nous apparaissent, quels que soient leur âge et leur origine, comme établis en Égypte sous le nom de clérouques. L'institution des clérouchies, dont les Lagides trouvèrent le modèle à la fois dans les uaytuot pharaoniques et les colons athéniens, servit à résoudre le problème de créer la population stable, nécessaire au recrutement de l’armée régulière. Ainsi peut s'expliquer le fait que les clérouques, sans être des vétérans, sans faire partie de l’armée active permanente, sont cependant des soldats. Actifs en cas de guerre comme les citoyens d'Athènes ou de Sparte, comme les Macédoniens de Philippe et d'Alexandre, ils restent comme eux pendant la paix des disponibles.

On peut faire diverses objections à la théorie qui vient d’être présentée. La première, et la plus grave, c’est que l'engagement volontaire et l'établissement en clérouchies n'apparaissent pas comme le moyen le mieux approprié d'assurer le recrutement de l’armée régulière dans une classe de population stable : il eût suffi, pourrait-on dire, de donner aux soldats le droit de cité à Alexandrie ou à Ptolémaïs, dont les Lagides ont été pour d’autres si prodigues. — En réalité, la collation du droit de cité n'aurait pas été un moyen efficace; rien ne prouve, rien ne permet de conjecturer que le citoyen d'Alexandrie ou de Ptotémais ait été astreint au service militaire; il importait recu des xXñnpor. Sur ces opoavot, cf. P. M. Mever, p. 35, SCHUBART, p. 25, BoucHé- Leczxrco, p. 28 et n. 2. Pour le premier, ils ont reçu leur xAñpos en leur propre aom; pour le deuxième, ce sont des fils mineurs, inaptes à servir, de clérouques décédés, qui ne sont réellement clérouques que du jour où ils entrent dans l'armée; auparavant, ils sont 15v oÙrw Ünd innépynv. Cette dernière asserlion est inexacte (cf. P. Petr. IT, 46, b, cf. III, 57, a, et Smyiy, ad loc., s'appuyant sur ibid., I, 10 : un rov or dno innépynv de #8 ans). On ne peut se prononcer pour l’une ou l’autre des interprétations. L'âge de ces opgavol reste incounu; et la mention : oÙx éotiv bpouvoc, ah vidé Axpavrou (P. Petr. Il,n.39, e,1.15, cf. III, 110) ne suffit pas à établir, comme le dit P. M. MryEr, que €e soi-disant opoavos n'avait plus droit à son xA%poc, dès quon reconnaissait qu’il avait encore son père. Ce qu'il faut retenir, c'est que pour Scaugart comme pour P. M. Meyer, ce sont les services rendus par le père qui assurent au fils la possession du

xXñpoc; ce pourrait être le début de la transmission héréditaire de la tenure dans les familles de soïdats sur laquelle of. ci-après, p.60 et ch. VIH, pp. 230 sqq.

38 LES CLÉROUQUES ET LES Tñc éttyovñs

peu que les clérouques fussent citoyens, et c'est pourquoi on ne leur a pas donné ce droit de cité dont on était si peu avare; mais il fallait qu'il fussent obligés de servir : ce fut la condition nécessaire de leur dotation. Être citoyen et être clérouque sont deux choses d’un ordre tout différent : la première de ces qualités ne fait pas, la seconde fait de l'individu un soldat disponible. Et elle fait de lui en même temps un colon. La colonisation a été le but accessoire de l’établissement des clérouques, dont les conséquences économiques et morales ont si vivement frappé les historiens qu'ils y ont vu la fin essentielle de l’institution. Ces conséquences ont été en effet considérables : les dotations faites aux clérouques ont introduit dans la ywox une population étrangère, en majorité hellénique, et ouvert à la culture et à la civilisation des régions jusqu'alors désertiques, marécageuses et inhabitées'. Si les soldats avaient été concentrés dans les rékex par la collation du droit de cité, ils auraient grossi la population urbaine, la y6p2 n'aurait pas été mise en valeur. A les établir comme clérouques, les premiers Lagides trouvaient le double avantage d’avoir une armée toujours disponible et d'augmenter la richesse agricole de leur royaume. On pourrait objecter encore que l'explication proposée ne fixe pas la durée des obligations militaires du clérouque. — C'est qu'il y a eu parmi eux des retraités et des non-retraités. Il est naturel que des clérouques, d’abord engagés volontaires, ayant servi dans la suite lors de plusieurs rappels à l’activité, n'aient pas été privés de leurs tenures à l’âge où les infirmités ou les blessures les rendaient impropres au service, à l’époque où ils avaient acquis le plus de titres à posséder un xAñsoc; et c’est sans doute le cas des plus âgés qui nous sont connus. L'institution aurait été cependant contre son but, si la majorité des clérouques avaient été en fait des vétérans; on rencontre donc parmi les clérouques des jeunes gens et des hommes mûrs. Ces faits en apparence contradictoires se concilient facilement si l’on admet qu’en principe l'obligation du service militaire ait

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