Cf. ch. Vi pp
4, Cf. ci-après, pp. 61 sqq.
46 LES CLÉROUQUES ET LES T6 éTtyovñs
et des traditions locales qui distingue les civilisations hellénistiques.
L'origine des clérouchies paraît devoir être placée sous Sôter, sans qu’on puisse affirmer cependant que la dotation des soldats ait eu dès lors un caractère systématique. Il transplanta en Egypte après Gaza des Juifs et des prisonniers‘; il établit une partie des premiers à Alexandrie et mit le reste comme garnison dans les places fortes ; on ne sait s’il leur donna des terres; les prisonniers furent peut-être répartis dans les nomes et ont-ils reçu des xAñea : le fait n’est pas incompatible avec leur condition et ilest établi pour le règne d’Evergète? ; il n’est même pas impossible qu'ils aient été soldats; les règles générales du recrutement des armées étaient assez relâchées alors pour que certains prisonniers fussent admis à servir, en considération de leur origine, de leur condition sociale dans leur pays, ou de leur valeur personnelle. Il est vraisemblable d'autre part que des soldats de Sôter, des vétérans principalement, aient été dotés de terres. Ce n’est cependant que sous Philadelphe, mais dès le début de son règne, que l’emploi méthodique du système des clérouchies dut commencer; la mise en valeur de la Afuvr, qui en est évidemment contemporaine, ne remonte pas au-delà: : dès l'an 10 des règlements concernant les clérouques et leur établissement sont connus‘. À la fin du règne d’Evergète, le système est certainement en pleine vigueur depuis de longues années.
Son but originel était d'assurer le recrutement de l’armée régulière; mais il s’est étendu et probablement assez tôt aux troupes mercenaires ou du moins à une partie d’entre elles; à côté de celles qui tiennent garnison dans les places fortes, et de celles qui sont racolées à la veille des campagnes, il y a des mercenaires clérouques, dès l’époque d’Evergète’. Les avantages de cette organisation n'étaient pas évidemment les mêmes
4. Dionore, XIX, 85, #; pour les Juifs, cf. Boucui-Leccerco, I, pp. 30-52, et 50, p. 1; mais sur Dionore, cf, ch. VII, p. 258, n. 2.
2, P. Petr. III, 104 (244-3 av. J.-C.).