P. Teb£, 1, app. I, p
D2 LES CLÉROUQUES ET LES TAç értyovAs
tunis fait connaître la dotation du comogrammate Menchès à Kerkéosiris!, faveur personnelle ou début d’une nouvelle évolution des institutions clérouchiques ; ce dernier développement ne concernerait pas d’ailleurs l'étude de l’armée. Ce point mis à part, les clérouchies restèrent vraisemblablement au r°* siècle ce qu’elles avaient été au n°; le vocabulaire clérouchique se retrouve à l’époque romaine dans ses termes essentiels. On verra plus bas? l'emploi qui en est fait alors et l’influence qu'ont eue les clérouchies sur les institutions de l'Empire.
[TI LES ris énryovñs ET LES értyovor:.
Dans les papyrus du m° et du n° siècle, un certain nombre de colons, d’âges divers, font suivre leurs nom et origo du titre rs émryovñs, à l'endroit où figure d'ordinaire, après les noms de soldats, la mention rüv Seivos indiquant le détachement auquel ceux-ci appartiennent; et comme tous sont intimement mêlés à la vie des clérouques, comme certains entrent dans l’armée, ils semblent être fils de soldats‘. Ont-ils des obligations militaires ? La solution de cette question est rendue particulièrement difficile par Le fait qu'on rapproche des rs ärryovñs les iriyovor connus
4. P. Tebl. I, 65, 11. 19 sqq.; — 147 (descr.) (113-2 av. J.-C.); cf. app. 1, p. 551. 2. Cf. ch. IX, 11 : Les instilulions clérouchiques. . Il ne sera pas (raité ici des LLépoa, tac mtyoyñc comme s'ils formaient une catégorie spéciale de rc émyovñc : ils ne sont pas différents des autres rc êmtyovns en tant que tels; ils ne sont pas en service actif; les « Perses » en service actif sont dits Iléoou, sans plus; Iléponç ne peut passer, sauf exception, pour une abréviation de Iléponc, tac éntyovñc; dans le cas des Ilépour, rc émiyovñc, ce qu'il y a lieu d'expliquer, ce n’est pas leur qualification, mais leur ethnique; cf. pl. bas, ch. V, pp. 151 sqq. — On ne voit pas d'ailleurs pourquoi les éditeurs des textes papyrologiques ont pris l'habitude de ne pas ponctuer après l’ethnique et avant les qualifications d'ordre technique telles que tv Adywvos, rns deurépac inrapylac, Tov nelov, The emyovnc, etc.
4. On trouvera à l’App. IT une liste des rc émtyovñs connus, classés par nationalités.
LES Tÿs értyovÿs ET LES émiyovot 93
par ailleurs'. Quelques rares papyrus* en effet emploient le mot ériyeve: pour désigner une catégorie de soldats. Il n’y a pas de raison de tenir ces ëriyov pour différents de ceux qu'ont fait connaître les historiens d'Alexandre‘; malgré les diver-
; gences qui les séparent sur les points de détail, Arrien, Diodore et Justin sont d'accord sur le fait essentiel : il a existé dans l’armée d'Alexandre des enfants de troupe, fils de soldats, élevés et exercés à la macédonienne, qui ont servi plus tard dans l’armée; il n’y à pas lieu non plus de récuser le témoignage de Justin, lorsqu'il ajoute que cette tradition se perpétua chez les successeurs d'Alexandre : après le précédent créé par le grand conquérant, le fait est des plus vraisemblables. Enfin Polybe‘ réunit des ériyevo aux catæques qui contribuaient à former en 218 certains corps de Thraces et de Galates.
Le rapport étymologique qui existe entre les Extyora et les + Erryovñs à fait conclure à leur identité“. Il ne semble pas que ce soit à Juste titre. Si le mot irfyovos n'avait été employé que par les historiens ef notamment par Polybe, on verrait volontiers en lui un « substitut maniable°® » de l'expression r%ç értyovñs; les historiens ne se servent malheureusement pas toujours des
4. Bibliographie de la question : — Sur les rc émuyovñnc : Manarry, dans : P. Pelr. 1, intr., p. 26; — In., Empire, pp. 211-212 ; — P.M. Meyer, pp. 44 sqq., 12 sqq.; — ScauBarT, pp. 22 sq; — SoauBarr, Archiv, p. 151; — GrenreL et Hunr, P. Tebl. 1, app. I, p. 556; — Reiacu, dans : P. Reën., intr., pp. 20-21, cf. WiLCkEN, c.-r. de P. Rein. dans : Archiv, IT, p. 522; — Viereck, c.-r. de P. Rein. dans : Berl. Phil. Woch., 1906, p. 35; et dans : Bursian's Jahresbericht, 1907, p. 146; — Boucué- LECLERCO, pp. 29 sqq. — Sur les éxiyovor, cf. notes 2 et 3 ci-après.
2. P. Petr. I, 32, 2 (a) recto, cf. Ill, 37 (g) (a); et surtout P. Lond., 23, souvent publié et commenté; (cf. Forsmazz, Descr. of qgreek pap. in the B. M. (1839); — Beruardino PEYRON, Mem. sui pap. greci del Mus. Brit. di Londra e della Bibl. Vaticana (1841); — WesseLy, in Wiener Sludien, 1886, part. 2; — Kenyon, Greek pap. in the Brit. Mus., catalog. w. texts, 1, (1893); Wiccken, in : G. &. A. (1894), pp. 716 sqq., c.-r. du précédent; Wirkowskr, Prodr. grammat. pap. graec. aelat. Lagidarum (1897), pp. 14 sqq.; — P. M. Meyer, pp. 13-4; — ScuuparT, pp. 40 sqq.; — Scuugant, Archiv, p. 153; — Boucné-LecLERcQ, pp. 44-46 et 55-56); — enfin, Pal (= MA, Class Aucl,,N} p.352; cf p.356).
3. ARRIEN, VII, 6, 1; 8, 2; 12,2; — Dionore, XVII, 108, 1-2; 110, 3; — Jusnin, XII, 4: — PLuranque, Alex., #1; 11. Ces sources littéraires ont été signalées, citées ou critiquées par LumBroso, Egitlo, p. 83 sqq.