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Boucuk-LecLEerCo, loc. laud

54 LES CLÉROUQUES ET LES Tàç 2rtyoyñc

termes techniques et Polybe est assez suspect d’impropriété. Mais le papyrus 23 du British Museum suffit à faire douter de l'identité des rñç.èrryovis et des äriyovar; non qu’il faille attribuer à Ptolémée, fils de Glaucias, son auteur, plus de qualités de style qu'aux historiens, mais parce que la situation des ërtyover y apparaît comme nettement différente de celle des r%s érryovñc. Ces Eriyova sont en effet militairement organisés, groupés en sauvé, sous le commandement d’un éponyme, Dexilaos; ils reçoivent une solde, des approvisionnements en nature, des indemnités représentatives de denrées; enfin ils sont placés sous le contrôle administratif d’un Yoamparels rüv duvapewvt; ils font actuellement partie de l’armée. Leur service est un service réel. On a soutenu l’opinion contraire*, en se fondant sur le cas d’Apollonios, frère du reclus Ptolémée et reclus lui-même d’après un papyrus de Paris’. Ptolémée a obtenu qu'il fit son service près de lui, dans le détachement de Dexilaos, parmi les ëxtyova de Memphis, et qu’il touchât la solde, les distributions et les indemnités représentatives des autres ëriyovx. Il serait absolument étrange que ce service soldé fut une sinécure, et la preuve qu’il ne l'était pas, c’est qu’il comportait des Xewxovpyiat; le fait est connu par une autre pétition de Ptolémée, conservée dans un papyrus du Vatican‘, où il se plaint des hypèrétes qui règlent le service ou les corvées : si, comme le dit Ptolémée, Apollonios est détourné de lui (xeotoxôx) par les hypèrétes qui l’emploient pour les Xexovyla:, de deux choses l’une, ou la xxréyn n’est pas une réclusion absolue, ou il n’était pas véritablement reclus; mais, en tout cas, les ëriyow: sont astreints au service; la dispense des herovoyiu, que sollicite Ptolémée, est une faveur ; si elle fut accordée à Apollonios, et on ignore ce qu'il en advint, rien n'autorise à croire que ce ne fut pas une exception, qu'expliquerait peut-être sa xaréyn. On ne saurait conclure du cas d’Apollonios que les ëréyovor aient touché une

1,P. Lond.\[1];<23.

2. P. M. Meyer, p. 14, Boucné-LrcLerCO, pp. 44-46, s'appuyant sur P. Lond, 1, 23. D PR OTIS ANS

LP Vat (p.202 1 A45sq0e Chen 856

LA SITUATION MILITAIRE DES 1%c émiyovñs D0

solde sans avoir réellement servi. — Rien de semblable dans la situation des +%s éreyovas : ils ne sont placés dans aucun détachement ou corps militaire, sous le commandement ni le contrôle d'aucun officier; le seul titre qui soit donné à quelques-uns d’entre eux est celui de Asroveyès', qu'on pourrait rendre, il est vrai, par le terme militaire de « sapeur »°; mais cette traduction ne serait valable que s’il était démontré par ailleurs que les râs érvyovñs sont des soldats ; on pourrait rapprocher le mot des keurovpylat des ëriyovx en lui conservant le sens général de « astreint aux exercices ou corvées militaires »; mais ce serait établir que parmi les +%s rryov%s les uns doivent, les autres ne doivent pas remplir les kexcvoylx, et que tous dans l’ensemble, en tant que tels, ne sont pas soumis à des obligations militaires, De toute façon, les fonctions et l’organisation des 1% ërryoväs et des ériyovo. sont différentes.

On peut donc admettre que les ärtyeve. des papyrus et les èrtyove des historiens et de Polybe en particulier sont identiques. Quant aux 7%s irryovñc, ils sont évidemment en relation et probablement en relation étroite avec les ëxéyovs, — la similitude des noms interdit toute autre opinion, — mais ils ne se confondent pas avec eux. Toute étude qui les concerne doit distinguer les témoignages relatifs aux uns et aux autres ; mais aucune ne sera complète, si elle ne rend compte en quelque manière du rapport qui les unit.

LA SITUATION MILITAIRE DES ris émtyovis.

Le mot iron, dans l'expression 1% érryovñe, a le sens de « descendance » et non celui de «surcroît », qu'on avait d’abord voulu lui donner, en considérant les r2< érryevñs comme un

second établissement de clérouques*®. Au point de vue de la

1. P. Hib. 1, 96, U. 44, 15, 31, 33 (259 av. J.-C.) 9. Pozyee, III, 93, ÿ.

3. Mauarrv, loc. laud, — Cette théorie a été reprise sous une forme légère-

6 LES CLÉROUQUES ET LES TA ETtyovñc

langue, cette interprétation ne peut être maintenue‘; rien dans les faits ne la justifie davantage. Si les re ërryovñs devaient être identifiés aux elérouques en quelque manière, on en aurait déjà rencontré la preuve dans les papyrus, aujourd’hui nombreux, qui concernent la yñ xAneouxn et ses charges, et les terres des rs irryovñs. Les rapports des comogrammates sur la culture et les revenus des terres données en 2A%oct à Kerkéosiris et dans quelques autres localités de l’Arsinoïte ne mentionnent jamais les +%< èrryovñs parmi les possesseurs du sol?; les rapports financiers de tout ordre, qui font connaître la fiscalité qui pesait sur les clérouques soit au 11°, soit au 11° siècle, ne contiennent aucun paiement effectué par un 1%ç éruyovñs*; aussi les rñs mryovñs doivent-ils disposer librement à la différence des clérouques ‘ de tous leurs biens fonciers. Ces deux arguments sont sans doute des argumenta e silentio; l'abondance de notre documentation en la matière leur donne néanmoins une grande force; ils permettent de regarder les r%s érryoväs comme jouissant du droit de toute propriété ou de pleine possession que n’ont pas possédé les clérouques. Enfin, les +3 ërryowñs ne sont évidemment pas organisés militairement comme les clérouques”. Il n’y a donc pas de raison de voir en eux un second essaim de colons militaires : ils sont une descendance, une postérité.

ment différente par Tu. Reinacn, loc. laud., qui s'appuie sur le cas de Dionysios, fils de Képhalas, un Perse d'Acoris, tic émyoväc, aux affaires de qui se rapportent presque tous les papyrus Reinach d'époque ptolémaïque. Reinach 40 a cherché à montrer que la définition des rñc ëntyovñs donnée par Scuugarr et critiquée ciaprès, pp. 58 sqq, ne convient pas à Dionysios, fils de Képhalas; 2e il estime que les rc émiyovñc sont une seconde génération de colons, fils ou successeurs des premiers clérouques. Cf. les critiques de Wicckew, dans : Archiv, III, pp. 522-3 et de Boucué-LecLEeRcQ, p. 35, qui rejettent à juste titre la première de ces thèses. Si la théorie de Schubart ne peut être acceptée, pour quelque raison que ce soit, il n’en suit pas immédiatement que les rc émyovñc soient une seconde génération de colons; il n’y a pas de lien logique entre les deux thèses de Reinach et la seconde soulève les mêmes objections que l'explication donnée par Mahafïy.

1. Le sens primitif du mot est donné par P. Hib. I, 120, 1. 48 : « croît du troupeau »; — le sens habituel, par P. Paris, 63, 1. 155 : « postérité, descendance »,

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