‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 69 sur 332 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Subdivisions, Commandement, Administration.

L'armée ptolémaïque est divisée en armée régulière, mercenaire et indigène, ainsi qu’il a été exposé au chapitre premier de cet ouvrage. L'organisation interne de ces grandes divisions est mal connue; on ne sait pour ainsi dire rien sur celle de l’armée indigène, à peine davantage sur celle des mercenaires ; les renseignements dispersés et fragmentaires que l’on possède sur les corps réguliers ne peuvent être interprétés que par ce que nous connaissons du commandement et de la hiérarchie

militaire?

Le Commandement en Chef.

Le commandement suprême de l’armée appartient au roi, source de tout pouvoir, militaire comme civil et religieux ;

1. Sur l'organisation interne de l’armée, cf. P. M. Mzyer, pp. 22-17, pp. 64 sqq., pp. 82 sqq. passim (très peu sûr); Boucué-LxcLercO, pp. 46-50. Pour la comparaison avec les institutions antérieures: Rüsrow et KôcaLy, notamment pp. 232 sqq.; H. Droysen, notamment pp. 407 sqq.

2. Encore est-il impossible de reconstituer la carrière d'un officier. À peine possède-t-on les fragments de deux cursus, à supposer que les personnes soient identiques : 1° celui d'Hérodès, d’abord nyeuwv ëx avôo®v, puis otoarayos (cf. ch. V, p. 142); 2° celui de Boëthos, stratège et épistratège de la Thébaïde v. 135 av. J.-C., éponyme v. 129, sans doute en la même qualité (cf. ci-après, p. 79. Les dignités auliques sont des décorations, attachées aux personnes, non aux grades.

les Pharaons avaient commandé leurs armées; Philippe et Alexandre avaient été avant tout des chefs d'armée; les traditions égyptiennes et macédoniennes concourent done à faire du roi le chef des forces de terre et de mer. Cette autorité suprême peut naturellement être déléguée; mais elle ne l’est pas de façon constante à un même fonctionnaire spécialisé dans le rôle de ministre de la guerre ou de commandant en chef. La préparation et la direction d'une guerre, le commandement des forces sur le pied de paix étaient vraisemblablement réglés par le roi et ses ministres; ils se les partageaient à l'amiable selon leurs aptitudes, leurs goûts et leurs ambitions; il n’y à dans toute l’histoire des Lagides aucune règle fixe à cet égard. Sôter s’est associé à Séleucus dans le commandement de l’armée égyptienne à la bataille de Gaza'; de même Evergète a conduit personnellement certaines opérations de la troisième guerre syrienne, s’il est réellement l’auteur du fameux fragment des papyrus Petrie?; et il paraît bien avoir dirigé la campagne en Haute-Asie, pendant cette même guerre’; à Raphia (217), Philopator a peut-être commandé en chef, se portant de l'aile gauche, après qu’elle eût été rompue par Antiochus, au centre, mettant en mouvement la phalange et décidant ainsi de la victoire‘; Sôter IT a pris part aux campagnes de Syrie”. Dans d’autres cas, ce sont des ministres ou des favoris qui commandent l’armée : Scopas conduit les opérations en Cœlè-Syrie vers 199-8°; Polycrate, bien qu'il ait été peu belliqueux aux temps de sa faveur en dépit de son passé, paraît avoir mené la répression des troubles vers 186-4'; dans la campagne contre Démétrios 1% (152-50), Philométor confie le comman-

dement des troupes à Galaistès *; dans les évènements de 48-7,

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