Archives de Péronne. Lettre B, n
lier, qui répondaient en général par une lettre aimable (1).
Ce système électoral était en principe contraire aux libertés municipales, mais en fait il y eut peude changement. Ainsi c’est le mayeur élu par la population qui fut continué par lettre de cachet en 1765. De même le mayeur nommé par lettre de cachet de 1769 à 1771, fut élu ensuite par les habitants jusqu’en 1775. D'ailleurs le maire, choisi parmi les an-. ciens magistrats municipaux, était toujours un de ceux qui avaient joui de la confiance des habitants.
Au mois de novembre 4771 un nouvel édit vint rétablir les offices de maire, de lieutenant de maire,et de quatre échevins. On invitait les hôtels de ville à se réunir ces charges, et on en réduisait en leur faveur la finance des deux tiers. Celle-ci était fixée pour la ville de Péronne à 19.000 livres. Une assemblée composée des maire, échevins, conseillers de ville pris commenolablesinstruits des affaires,anciens mayeurs, chefs et gens du roi des compagnies de judicaiure, se réunit à l'Hotel de Ville pour délibérer à ce sujet. On résolut de supplier le roi d’agréer l’offre de 12.000 livres au lieu de 19.000, en payant 4.000 livres comptant, 4.000 au 1° juillet 1773, et 4.000 au 1° juilllet
1774. Finalement la finance fut fixée à 15.000 livres,
1. On trouve de nombreux exemplaires de ces lettres aux archives
e Péronne, lettre B, n° 10.
et un arrêt du Conseil du {8 août 1772 réunit à l’Hotel de Ville les oflices de maire, de quatre échevins, de receveur et contrôleur des deniers patrimoniaux et d'octroi créés en novembre 1771. Les charges de procureur de la commune et de greffier restèrent acquises à perpétuité à ceux qui les avaient achetées. La première avait été obtenue pour 10.000 livres, la seconde pour 8.000 (1). En 1776 la ville décida de racheter ces deux offices « et il a été délibéré qu’argent seroit pris à constitulion pour le rachat de ces deux charges.Depuis cette assemblée, dans cette tenue, le 25 novembre 1776, le greffier a consenti au remboursement de sa charge. En conséquence il a été décidé que ce remboursement lui seroit fait, et qu’il joüirait sa vie durante de cette charge, et il a été nommé pour homme vivant et mourant le sieur Gonnet Defiéville âgé de 24 ans... » Quant à l’oftice de procureur du roi de la ville, il ne semble pas avoir été racheté à cette époque, car nous trouvons dans le Journal de Police et autres affaires concernant l’Hotel de Ville, tenu par M. Dehaussy de Robécourt, le passage suivant : « Le procureur du roi en titre d’office hors d’état de venir aux audiences et de prendre part aux délibérations, la Chambre a nommé par acte du 27 mars 1788, Fursy Naudé avocat, deuxième échevin, plus ancien gradué de la Chambre, pour en faire
1, On trouve à ce sujet des détails intéressants aux archives de la
ville, lettre B, n° 22.
Le
les fonctions, conformément à une letire du procureur général par laquelle il mande à MM. les officiers municipaux de cette ville, qui lui avaient demandé une commission de substitut de procureur du roi en la police pour M. Cadot procureur, qu’en cas d’absence ou empèchement de son substitut leurs fonctions sont dévolues à l’ancien des gradués et à défaut des gradués, au plus ancien praticien. » Quand l'office devint vacant en 1789 par la mort du titulaire, le maire écrivit au garde des Sceaux : « L’intérêt de cette ville et celui de la justice nous déterminent à vous prier de n'en point accorder de provisions. Noire intention, supposé que les charges municipales restent en titre d'office, est de remboursier les héritiers du dernier procureur du roi pour être à portée de choisir pour en faire fonctions un jurisconsulte instruit qui s'occupe des affaires de la ville et joigne à l’habitude du travail les connaissances nécessaires pour maintenir la police. Nous avons l’honneur de vous observer que le procureur du roi dernier décédé était le seul en titre d'office par les officiers municipaux ; tous les autres sont éligibles et il semble que dans ce moment surtout où Sa Majesté veut bien rendre au peuple ses droits (1), celui de choisir ses magistrats est un des plus précieux. Nous ajoutons à cette con-
sidération qu'un citoyen ambitieux d'occuper une