‹ Les Institutions Municipales de Péronne sous l'ancien régimeChapitre 38 sur 57 · Archives. À À · texte numérisé non relu

Archives. À À

2. Registre aux résolutions de l'Hôtel de Ville pour l'année 1729.

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d’un côté « une fille avec trois P dont la signification est : Perona perpetuo puella, environnée de l’inseription : Urbs nescia vinci, et sur le revers, un homme à cheval avec ces mots : Ad utrumque paraltus. » Nous n’entrerons pas dans une description plus détaillée de ces insignes (1). Citons seulement quelques décisions curieuses de l’Hôtel de Ville à leur sujet. On trouve au registre des revenus patrimoniaux pour l’année 1729, l’article suivant relevé par l’échevin argentier : « La somme de 501 livres payée pour la dépense de la médaille, chaîne d’or et épée que porte M. le mayeur en conséquence du brevet accordé par Sa Majesté en date du 15 mars 1729. »

Le vendredi 23 juin 1752, le mayeur déclare «qu’attendu l’inutilité de la chaîne d’or qui luy a esté remise avec la croix de la magistrature, lors de la première année de sa nomination, et en conséquence de l’arresté verbal de la chambre, il a donné cette chaîne, pezante une demi-once, un demy-gros et vingt-quatre grains à quinze carats, à M. de la Marlière de Bertrancourt, qui luy en a compté le prix, revenant à 935 livres quatre sols quatre deniers, laquelle somme rapportée, a été à l'instant remise à l’argentier de la ville, pour être portée en recelte

dans son compte ». Cette décision d'économie, prise

1. Voir Archives de Péronne. Lettre B, n° 9 ; et l'etude si complète de M. Ramon dans les Chroniques péronnaises, à laquelle nous avons

emprunté plusieurs détails.

UE la veille des élections aurait tout l'air à notre époque d’une réclame électorale.

Le 17 juillet 1769 « Messieurs ont résolu, vu le mauvais état de l'épée de M. le mayeur, appartenant à l'hôtel de ville, qui la met hors d'état d’être portée, de l’échanger contre une autre. Pouvoir est donné à cet effet aux commis aux ouvrages comme aussi de faire faire un nouveau collier pour la croix de M. le mayeur ».

Suivant délibération du 2 juin 1775, il fut décidé que le mayeur sortant conserverait son épée.

C'était 1à le moins important des privilèges de cette charge. Le mayeur, qu’on appelle Monseigneur au xv1° siècle, acquérait encore la noblesse municipale ou de ville, et la transmettait à ses descendants legitimes. Ce privilège fut accordé en particulier par François [* en 1536 à la suite du siège fameux qui rendit Péronne célèbre. En 1634 il fut restreint à la noblesse personnelle, et complètement supprimé par Louis XIV en 1667. Il fut rétabli en 1691 et confirmé: 1° par édit du mois de novembre 1706 enregistré au parlement le 26, à charge par les magistrats élus de payer 3.000 livres ; 2° par édit de janvier 1714 enregistré Le 24 du même mois ; et 3° par arrêt du Conseil du 2 mai 1730, à la condition de payer 2.000 livres « à charge de confirmation » (1).

1. Dournel, Hisloire de Péronne. Voir aussi la Déclaration de 1702, art. XVIII.

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La charge de mayeur n’était pas seulement honorifique (1), elle rapportait encore de suffisants bénéfices. Ce n’était cependant pas toujours l’avis des magistrats et en 1764 l’un d’eux se plaignait que les revenus de la charge fussent «beaucoupinférieurs » (2). Au xv- siècle le mayeur touchait vingt livres (3) et au siècle suivant vingt-six « à la charge de régaler tous les nathaulx, tous ceux qui portoient la livrée de la ville ».

A ce propos il est à remarquer que les festins et les collations tiennent une très grande place dans la vie municipale. Ces Messieurs de ville faisaient aux dépens de la caisse communale de fréquentes libations. A la sortie des assemblées les officiers municipaux se rendaient au cabaret. Les échevins commis aux ouvrages, lorsqu'ils allaient les tracer ou les recevoir, régalaient aux dépens de la commune les fournisseurs et les ouvriers. Quelquefois au lieu de se rendre au cabaret on faisait apporter la collation dans une maison particulière. On buvait à la mort du mayeur comme à son élection ; après le décès de Michel de Hauteville, par exemple, Messieurs firent une dépense de 7 livres 18 sols (4). Lors des élec-

1. Messieurs de ville avaient encore d’autres privilèges ; le droit de chasse aux cygnes est un des plus curieux. Ils le partageaient avec le chapitre de Saint-Fursy. Archives AA-43,

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